Ligue 1 – OM-ASSE: Guendouzi en première ligne

Le milieu de terrain de l’OM Matteo Guendouzi, lors de sa présentation officielle au Vélodrome, le 7 juillet 2021
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Mélange parfois instable de fougue et de colère, d’énergie plus ou moins canalisée et de caractère, Mattéo Guendouzi est un joueur explosif qui semble déjà épanoui à Marseille, un contexte à son image, comme il l’a découvert dimanche dernier à Nice ou dans un Vélodrome redevenu brûlant.

“On est tous assez attristé par ce qui s’est passé à Nice. C’est un moment difficile pour tous et on veut se concentrer sur Saint-Etienne (samedi à 21h00 au Vélodrome, NDLR) et le foot, qui est le plus important pour nous aujourd’hui”, a sagement déclaré le nouveau milieu de terrain marseillais jeudi en conférence de presse.

Mais dimanche, quand les bouteilles d’eau sont tombées et que les choses se sont envenimées, Guendouzi, plus guerrier du feu que gardien de la paix, était bien en première ligne face au kop niçois.

Rien de très surprenant compte tenu du caractère de l’ancien joueur d’Arsenal et de Lorient, que son dernier entraîneur en club, le Hongrois Pal Dardai au Herta Berlin, qualifiait de “toujours fou, toujours en colère”.

Alors, gros caractère ou mauvais caractère, Guendouzi ? “J’ai un caractère. Pour moi, c’est un bon caractère”, a-t-il répondu jeudi sourire aux lèvres.

“Ca me sert dans une équipe. Sans ça, je n’aurais pas fait des grands clubs comme l’OM ou Arsenal. Je suis encore un jeune joueur et un jeune homme (22 ans), je dois améliorer des choses, c’est certain. Mais je reste le même. Ca plaît ou pas aux autres, mais moi je ne change pas de caractère.”

“vivre les évènements”

Au mois de mars, alors capitaine de l’équipe de France Espoirs qui disputait la première phase de l’Euro, il avait déjà expliqué comment cette personnalité de combattant avait forgé son parcours.

“J’ai ça depuis très jeune. J’ai toujours eu cette mentalité de toujours vouloir gagner. Déjà petit, quand je perdais ou que je faisais match nul, j’avais de l’énervement. Même en arrivant à Arsenal, où il y avait de très grands joueurs, je suis resté moi-même et ça a fait de moi un leader dans l’équipe”, avait-il dit.

Mais si Unai Emery l’adorait, le milieu de terrain aux longs cheveux a ensuite été écarté à Londres par Mikel Arteta et son tempérament peut être diversement apprécié.

“On l’adore ou on le déteste”, explique ainsi une source au sein de la sélection Espoirs. “Il peut être un peu fatigant”, admet une autre. Mais pour le sélectionneur Sylvain Ripoll, il était incontournable.

“Au delà de ses qualités techniques, de sa capacité à bien gérer le ballon, le tempo, à déclencher le pressing, Mattéo c’est surtout de l’enthousiasme, de la générosité, de la fraîcheur. Il est une garantie sur le fait qu’on va vivre les évènements et pas les subir”, juge Ripoll.

“Vélodrome incomparable”

Interrogé jeudi, Jorge Sampaoli, qui a titularisé Guendouzi à chaque match depuis le début de saison et devrait en faire de même samedi contre Saint-Etienne, a eu une réponse similaire.

“Mattéo est un joueur qu’on a choisi pour sa façon très compétitive d’aborder le foot et la vie. On partage cette vision. Il a une véritable implication pour la compétition, il pense toujours au match. Il aime jouer, jouer pour jouer, et ça me plaît beaucoup, on ne voit pas ça si souvent”, a expliqué l’Argentin.

“Il va devenir meilleur, il n’est pas encore à son top. Mais comme il est, il nous aide déjà beaucoup”, a-t-il ajouté.

L’intéressé, lui, savoure ses premières semaines dans un environnement qui lui convient. “Le Vélodrome c’est incomparable. Même l’Angleterre ça n’a rien à voir avec l’OM, c’est totalement différent. C’est la plus belle ambiance que j’ai connue, ça nous transcende.”

Et samedi contre les Verts, une semaine après les graves incidents de Nice, ils seront près de 60.000 à remplir le Vélodrome.