Ligue 1: Olivier Dall’Oglio à Brest, le bon rebond breton

L’entraîneur de Brest Olivier Dall’Oglio avant le coup d’envoi du match contre Angers en L1, le 19 octobre 2019
/ © 2019 AFP

Prendre les rênes d’un promu tout frais, après une triste fin à Dijon: le challenge d’Olivier Dall’Oglio à sa prise de fonction à Brest était osé, l’entraîneur le relève pour le moment parfaitement.

Le Stade Brestois, 5e de Ligue 1 avec 17 points avant d’aller défier Amiens samedi (20h00), réalise un début d’exercice inattendu pour un promu. Deuxième de Ligue 2 la saison dernière derrière Metz, le club finistérien devance cette fois son rival de l’an passé de six points après 11 matches. Et ce, malgré une révolution majeure effectuée en plein été du côté du staff.

Jean-Marc Furlan, l’entraîneur de la montée, était en fin de contrat, et n’a pas été prolongé malgré de bons résultats (5e en 2016-2017, 5e en 2017-2018, 2e en 2018-2019).

Le nom de son remplaçant a fait consensus: Olivier Dall’Oglio, sans club depuis son départ de Dijon en décembre 2018. “C’est un entraîneur qui a prouvé quelque chose en alliant maintien en Ligue 1 et cohérence dans le jeu”, souligne Grégory Lorenzi, le coordinateur sportif du club, en faisant référence aux résultats obtenus par le Gardois en 2016-2017 (16e) et 2017-2018 (11e) avec Dijon.

“Arrivée sur la pointe des pieds”

Mais le nouveau coach du Stade Brestois est “arrivé sur la pointe des pieds”, de ses propres mots. Pas simple effectivement de prendre la suite de Jean-Marc Furlan, adoré des supporters et qui avait noué une belle complicité avec ses joueurs.

“C’est très original, car c’est très rare qu’un coach qui monte ne suive pas son équipe”, avait expliqué Dall’Oglio fin juin, quelques jours après avoir paraphé un contrat de deux saisons avec le club finistérien (avec une option pour une année supplémentaire).

“C’est un challenge, mais je ne suis pas contre. C’est un groupe qui s’entendait super bien. De l’extérieur, on ressentait cet état d’esprit, qui a permis au club de monter. Cet état d’esprit, il faut arriver à le conserver. C’est aussi mon travail. Je vais essayer de continuer ce qui a été fait, notamment sur l’état d’esprit”, avait-il poursuivi.

Bilan après trois mois: deux défaites seulement (le plus faible total avec Paris), une belle série de trois victoires de suite en L1, et des joueurs qui, “petit à petit, arrivent à leur meilleur niveau”, selon l’entraîneur en conférence de presse vendredi.

“Les pieds sur terre”

Dall’Oglio avait avancé cet été son envie d’amener sa “patte personnelle sur l’ensemble du jeu”: celle-ci prend forme. “L’idée a toujours été de proposer un foot spectacle”, estime le technicien âgé de 55 ans. Même avec un petit budget (30 millions pour le Stade Brestois) en Ligue 1: l’ancien défenseur aime le jeu, la possession. Il aime changer de système (4-2-3-1, 4-3-3, 4-1-4-1), parfois en cours de match, mais garde un fil conducteur: quatre joueurs offensifs; un gardien et des défenseurs qui pensent à relancer proprement.

Le plan n’a pas marché à chaque fois: Brest a coulé à Nîmes (3-0), à Monaco (4-1), et obtenu une victoire heureuse à Angers (0-1). Mais à Saint-Etienne (1-1), à Bordeaux (2-2), et à domicile contre Lyon (2-2), Metz (2-0), ou Dijon (2-0), le club finistérien n’a volé aucun point.

L’ancien coach de Dijon, moins “frondeur” que Furlan dans ses discours, sait aussi mettre ses joueurs devant leurs responsabilités: “On a fait petit garçon”, disait-il après la déroute à Nîmes fin août. “On est souvent trop timide, certains joueurs regardent trop leurs chaussures”, appuyait-il après deux journées.

Avec également en tête la relative fragilité de cette place dans le top 5, six points seulement devant le premier relégable. Et le souvenir de la saison dernière, débutée par trois victoires avec Dijon, et terminée par un limogeage à la trêve. “Je connais le foot, ça va vite d’un côté comme de l’autre, j’en ai fait l’amère expérience il y a quelque temps. On sait pourquoi on est là et on garde les pieds sur terre”, assure-t-il. Une phrase de Finistérien.