Ligue 1: Monaco sans défense ? Moreno s’en défend

L’entraîneur espagnol de Monaco Robert Moreno, le 20 janvier 2020 à Louis-II
Par Christophe BELLEUDI / © 2020 AFP

“La priorité, c’est la défense”: depuis son arrivée à Monaco, Robert Moreno a systématiquement vu son équipe, aussi friable que du temps de Leonardo Jardim, encaisser au moins un but par match, et il entend que ça change enfin à Nîmes samedi.

En six rencontres sous ses ordres, Monaco a déjà encaissé treize buts, soit une moyenne de plus de deux par rencontre.

Certes, le Paris SG est passé deux fois par là (3-3 et 1-4). Mais il y a eu aussi Saint-Pryvé/Saint Hilaire. Les oppositions contre Paris ne peuvent donc servir d’alibi à l’apathie défensive générale vue lors des deux dernières sorties à domicile. Contre Strasbourg en L1 (1-3), puis contre Saint-Etienne (0-1) en Coupe de France, Monaco a défendu de façon catastrophique.

Ces deux défaites, qui risquent de faire très mal à l’heure des comptes finaux, ont toutefois eu le mérite de faire prendre conscience à Moreno de l’immensité de sa tâche concernant la pauvreté de la qualité du travail défensif de l’équipe de la Principauté. Comme du temps de Jardim, Monaco ne sait toujours pas défendre efficacement collectivement.

“Pas perdre de temps”

Avant Saint-Etienne, le technicien espagnol a lancé: “La priorité, c’est la défense, l’objectif est de faire un +clean sheet+”, terminer le match sans encaisser de but. Raté.

“Depuis le début de la saison, on sait qu’on doit travailler sur cet aspect, reconnaît le défenseur Ruben Aguilar. On sait bien marquer des buts. Offensivement, on a ce qu’il faut. Mais si on n’en encaisse pas, c’est beaucoup mieux.”

Avant le déplacement à Nîmes, Moreno ne dit pas autre chose. Jeudi et vendredi, il a axé son travail et son discours sur la nécessité d’une défense collective cohérente.

“Le coach nous le montre sur le tableau, fait des petites vidéos, précise Aguilar. On voit bien qu’on peine de façon collective à se remettre en place. Cela part des attaquants, jusqu’aux défenseurs. Ce sont des détails à rectifier à la perte du ballon. On peut le faire assez facilement. Mais il ne faut pas perdre de temps.”

Ainsi, l’entraîneur, dès jeudi, est revenu sur le but stéphanois qui a coûté l’élimination en Coupe. Sur une touche dans le camp adverse des Verts, le latéral gauche, Jorge, a laissé Honorat partir en profondeur sans le suivre. Le décalage était fait, la sanction, immédiate.

“Samedi, ça va changer!”

“On a analysé et parlé avec les joueurs, assure Moreno. Je pense qu’on sera meilleur à Nîmes. Je serais inquiet si les joueurs ne faisaient pas ce que je demande. Mais ils le font. Je suis content de leur travail. Je suis sûr que samedi, ça va changer !”

Méthode Coué ou certitude ? En tout cas, le technicien monégasque dit avoir vu son équipe meilleure contre Saint-Etienne que contre Strasbourg. “On a concédé moins de contre-attaques”, fait-il remarquer.

Moreno l’assène, les joueurs doivent “être plus proches pour défendre plus haut quand on presse”. “On sera alors meilleur offensivement, puisque dans une position idéale pour aller attaquer l’adversaire”, poursuit-il.

Défendre en ordre pour mettre le désordre dans la défense adverse dès la récupération du ballon. C’est le crédo de l’ancien sélectionneur de l’Espagne, qui a cependant, désormais, une réelle obligation de victoire.

Seulement 13e de Ligue 1 avec 29 points, Monaco, 18e défense avec 36 buts encaissés, pointe à huit longueurs de Rennes, sur la troisième marche du podium. Il ne lui reste plus que 17 matches pour rattraper ce retard…