Ligue 1: Monaco et Tchouaméni, des bleus à soigner pour un futur Bleu

Le milieu de terrain de Monaco Aurélien Tchouameni (d) lors d’un match à Bordeaux, le 18 avril 2021
Par Christophe BELLEUDI / © 2021 AFP

Avec le futur international Aurélien Tchouaméni en meneur d’hommes, Monaco, avant-dernier de Ligue 1 avec un point, compte enfin décoller en championnat après la désillusion de l’élimination en Ligue des champions; cela passe par une victoire à Troyes dimanche (13h00).

Le football de haut-niveau est une succession d’émotions contradictoires. Après un grand match mais une élimination cruelle contre le Shakhtar Donetsk (2-2) mercredi, Tchouaméni, appelé le lendemain par Didier Deschamps, a “vécu 24 heures très intenses émotionnellement”.

“La soirée s’est mal terminée, reconnaît-il. Le lendemain, c’était une bonne nouvelle”. Apprise de la bouche de son petit frère, alors que la délégation monégasque venait de se poser à l’aéroport de Nice après un voyage retour très agité, ponctué par une longue pause à Budapest. Certainement pas la meilleure chose pour préparer le déplacement à Troyes.

“Ce voyage nous a justement permis de bien penser à ce match, contredit Tchouaméni. Notre groupe est assez jeune et a un côté insouciant. Il a cette faculté à vite passer à autre chose. C’est parfois une bonne chose.”

Les Monégasques ne comptent plus pleurer très longtemps sur leur sort. Sans Ligue des champions, la vie continue.

-“Débuter une série”-

“La prestation contre le Shakhtar doit nous donner de la confiance, clame Tchouaméni. On s’est dit, dès la fin du match, que ça devait lancer une certaine dynamique. On doit commencer une série dès demain.”

Il l’avoue, à Troyes, “ce sera très important”. “On va jouer avec beaucoup d’envie et de détermination, poursuit l’ex-Bordelais. Notre situation en championnat ne nous permet pas de sous-estimer Troyes. On doit gagner, montrer notre vrai visage.”

“C’est un challenge: à partir du moment où on montre un certain niveau, on doit garder le cap”, assène-t-il en évoquant le collectif retrouvé mercredi.

Après un été “dans la continuité de son bon travail de la saison dernière” selon son entraîneur, Tchouaméni, conscient de son changement de statut, doit aussi devenir un meneur.

“J’ai des objectifs, souligne-t-il. Il y a des attentes. De la part des médias, des coaches, des supporteurs, du monde du football. J’essaie de rester calme, de prendre du recul. Je vais continuer à travailler pour gravir les échelons.”

“J’ai beaucoup de points à améliorer, assume-t-il. Me projeter un peu plus est, par exemple, un axe de progression. Mais il faut aussi garder l’équilibre de l’équipe, le plus important.”

“Apprends chaque jour des meilleurs”

Pour Niko Kovac, qui lui avait prédit sa sélection il y a quelques semaines, “il est dans la bonne direction”. Mais, pour grandir encore, il lui faudra apprendre des meilleurs.

“Je lui ai dit: +Sois toi même, ne change pas. Joue comme tu sais. C’est pour ça que Didier Deschamps t’a convoqué. Ne pense pas qu’il faudra faire des trucs spéciaux. Ne fais pas ce que tu n’es pas encore prêt à faire. Et apprends! Apprends chaque jour des meilleurs joueurs du monde, dont font partie ceux de l’équipe de France. Tu sauras ensuite ce qui est nécessaire pour devenir un grand joueur.+”

A l’écoute de son entraîneur, Tchouaméni suivra le conseil. “Je vais essayer d’emmagasiner le maximum d’informations et d’expérience pour continuer”, lance-t-il, avec un œil aiguisé sur “Paul Pogba et Ngolo Kanté, que je suis particulièrement depuis que je suis jeune”. “Des références à mon poste, de très grands joueurs”.

Ami proche de Jules Koundé, avec qui il a été formé à Bordeaux et qu’il a retrouvé en Espoirs la saison dernière, Tchouaméni attend avec impatience le rassemblement, lundi. “J’ai la chance connaître quelques joueurs, cela va m’aider pour mon intégration”, annonce-t-il.

Mais avant de devenir un vrai Bleu, il a quelques bleus européens à soigner. Dans l’Aube, Monaco et son jeune milieu espèrent tourner la page.