Ligue 1: Lyon veut basculer dans une autre dimension

L’ancien footballeur brésilien Juninho en conférence de presse, le 3 février 2014 à Rio
Par Francois-Jean TIXIER / © 2019 AFP

Juninho directeur sportif, Sylvinho entraîneur: Lyon va renouer avec le Brésil, fil conducteur de son époque dorée des années 2000, pour basculer dans l’autre dimension visée par le président Jean-Michel Aulas.

Juninho, que JMA cherchait à faire revenir depuis plusieurs années à l’OL, doit arriver lundi à Lyon et une conférence de presse devrait se tenir mardi.

Le Brésilien va retrouver un club qui a conservé son standing européen et qualifié au moins pour le tour préliminaire de la Ligue des champions.

Il ne faudra donc pas traîner pour préparer la saison qui débutera en conséquence très tôt, sauf si Chelsea venait à gagner la Ligue Europa aux dépens d’Arsenal, ce qui qualifierait le club lyonnais directement pour la phase de poules en septembre.

Et si certains craignent une grande lessive estivale au niveau de l’effectif, l’Olympique lyonnais ne va pas pour autant se laisser piller.

. “Bon de sortie” pour Fekir

“J’ai dit qu’il n’y en aurait pas plus de deux. Nabil (Fekir) est en dehors car il a déjà un bon de sortie”, a encore rappelé Jean-Michel Aulas à Nîmes.

Fekir, 25 ans, qui n’a pas livré une bonne saison, devait déjà partir à Liverpool l’été dernier mais son transfert a été annulé au dernier moment après sa visite médicale.

Outre Fekir, Lyon devrait perdre Tanguy Ndombélé, mais sa destination demeure incertaine même si Aulas souhaiterait le voir partir au Paris Saint-Germain, club qu’il aimerait voir un peu plus solidaire financièrement des clubs français en recrutant chez eux.

Pour le reste, il faudra surveiller les opportunités du marché. Memphis pourrait être tenté par un départ, comme Ferland Mendy qui serait sollicité par le Real Madrid. Les départs de Marcelo (32 ans), Kenny Tete (23 ans) sont possibles alors que Jérémy Morel (35 ans) est en fin de contrat.

Mais l’OL ne peut se permettre trop de bouleversements, surtout avec un entraîneur, Sylvinho, qui ne connaît pas le football français et qui part dans l’inconnu. D’autant que les exemples de techniciens brésiliens qui ont réussi en Europe sont rares, voire inexistants.

Certes, il est accompagné de Juninho (44 ans) mais ce dernier a quitté Lyon en 2009. Dix ans déjà durant lesquels la Ligue 1 et la Ligue des champions ont beaucoup changé.

Et s’il était une icône comme joueur, on ne lui demandera plus de tirer les coups francs mais de mener la politique sportive.

Jean-Michel Aulas a déjà confié que le choix de l’entraîneur était le fait de Juninho et a affirmé qu’il se mettrait en retrait pour lui laisser la direction des opérations sportives. Mais on peut se douter qu’il ne sera jamais bien loin pour lui “suggérer” des orientations.

. Encadrement conservé

En attendant, si Juninho et Silvinho pourraient permettre de recruter une ou deux perles du Brésil, les bases du recrutement de l’été 2019 ont été jetées par Florian Maurice, ancien attaquant du club, qui faisait jusqu’alors office de directeur sportif officieux et confirmé dans son rôle de recruteur.

Pour limiter la part d’inconnu, l’OL devrait conserver l’encadrement qui secondait l’entraîneur sortant Bruno Genesio, à commencer par Gérald Baticle mais aussi Grégory Coupet, l’ex gardien emblématique de l’OL qui entraîne les portiers, ou encore Claudio Caçapa, ex-coéquipier de Juninho, qui prépare les défenseurs.

Les préparateurs physiques semblent aussi devoir être conservés. Pour l’heure, la reprise est programmée début juillet.

“On va essayer de donner ce qu’un certain nombre de supporters attendaient. Mais ce que j’imaginais aussi il y a quelques années avec l’arrivée de Juninho et un état d’esprit brésilien. Nous allons maintenant basculer dans une autre dimension”, a lancé Aulas après la victoire à Nîmes (3-2), vendredi.