Ligue 1: Laurent Nicollin sur touts les fronts

Le président de Montpellier, Laurent Nicollin, sourit lors du match de L1 entre le Montpellier Hérault SC et le Nîmes Olympique au stade de la Mosson à Montpellier, dans le sud de la France, le 25 septembre 2019
/ © 2021 AFP

Influence grandissante dans les instances, réflexion sur le renouvellement de contrat de son entraîneur Michel Der Zakarian et lancement du futur stade: le président de Montpellier Laurent Nicollin mène plusieurs chantiers de front et affiche une ambition à tous les étages en dépit de la crise sanitaire.

Quatre ans après le décès de son père Louis, président emblématique et fondateur du club, Laurent Nicollin (48 ans) s’est émancipé de l’ombre tutélaire pour stabiliser le MHSC et prendre une envergure nouvelle à l’échelle nationale à l’heure d’affronter Marseille samedi en Ligue 1 (21h00).

En plein bouleversement du foot professionnel, secoué par le Covid et le fiasco Mediapro, Nicollin s’apprête ainsi à devenir président de “Foot Unis”, le syndicat unitaire des clubs qui doit regrouper deux composantes déchirées depuis cinq ans, l’UCPF et Première Ligue.

“Durant la pandémie, nous avons échangé pour créer un syndicat unique. Pas mal de présidents me disaient +Ce serait bien que ça soit toi+. Comme je suis assez conciliant et fédérateur, je peux rassembler”, expliquait récemment dans le quotidien régional Midi-Libre celui qui est aussi président de l’Association du football professionnel féminin (AFPF).

Avec cette désignation, il renforce aussi son influence dans les arcanes de la Ligue de football professionnel (LFP), où il est proche, voire très proche, de deux autres acteurs majeurs, le président de l’instance Vincent Labrune et Jean-Pierre Caillot, président de Reims et du collège des clubs de L1 à la Ligue.

“L’avantage, c’est que Laurent a la confiance de tout le monde, les petits, les moyens, les grands. Il s’est vraiment révélé dans la crise sanitaire, et il a ce caractère d’unité essentiel aujourd’hui”, insiste Bernard Caïazzo, le président de Première Ligue, qui s’apprête à disparaître au profit de “Foot Unis”.

La question +Der Zak+

Sur ses terres, à Montpellier, le frère aîné des Nicollin évolue par ailleurs en terrain conquis. Après de longs atermoiements, il a trouvé un accord avec Michaël Delafosse (PS), nouveau maire et président de la Métropole, pour avancer dans la construction du nouveau stade “indispensable à la survie du club” selon lui.

Depuis qu’il s’est investi dans un rôle de président délégué au début du siècle, Montpellier n’a eu de cesse de consolider ses fondations. Rachat auprès de la mairie du site de Grammont (centre d’entraînement et siège du centre de formation), gestion rigoureuse, politique de recrutement ont accompagné une vraie réussite sportive.

Depuis 2017 et le décès de son père, il n’a finalement fait qu’apparaître en pleine lumière d’un pouvoir qu’il gérait dans l’ombre. Nicollin s’est habitué à cette exposition nouvelle mais aujourd’hui, le président montpelliérain fait face à la solitude du pouvoir pour choisir de renouveler, ou pas, le contrat de son entraîneur Michel Der Zakarian, aux commandes de l’équipe depuis 2017.

Le dirigeant prend le temps nécessaire pour acter ce choix important huit ans après l’unique participation du club à la Ligue des champions. A-t-il eu la tentation d’attirer Bruno Genesio, désormais à la tête de Rennes, ou Olivier Dall’Oglio, l’entraîneur brestois, pour franchir un nouveau cap ?

Clan

Peu adepte du tapage médiatique, Laurent Nicollin prend soin d’écouter les arguments de son entourage. Tout comme son père, il gère son club comme un clan de vieux amis. Il s’entoure des conseils de l’incontournable Michel Mézy, ami de +Loulou+, mais aussi de fidèles larrons de sa génération, anciens joueurs pour la plupart.

Le directeur sportif Bruno Carotti, Jean-Christophe Rouvière, directeur du développement et du merchandising, Philippe Delaye, coordinateur sportif, et surtout son frère Olivier, patron de l’entreprise éponyme spécialisée dans le traitement des déchets, forment ainsi un vrai cercle.

“Depuis un an et demi, je ne suis pas trop dans mon élément. Échanger, boire un coup, ce côté familial me manque et ça me frustre. J’aime être au contact des gens”, expliquait-il récemment, perpétuant la marque de fabrique de la famille Nicollin malgré les difficultés de l’époque.

D’ailleurs, il n’hésite pas à mettre de l’affectif dans son effectif à l’image des recrutements de l’attaquant Delort, qui ne faisait pas l’unanimité à son arrivée en 2018, ou du stratège Savanier, enfant de Montpellier et du club, repris à Nîmes en 2019 contre neuf millions d’euros.

Comme si Laurent Nicollin voulait construire le club de demain sans rien perdre de l’esprit canaille de la Paillade.