Ligue 1: la défense de l’OM, roc déboussolé

L’attaquant néerlandais de Nice Justin Kluivert marque au milieu de la défense marseillaise, lors du quart de finale de la Coupe de France, le 9 février 2022 à l’Allianz Riviera
/ © 2022 AFP

La défense de l’Olympique de Marseille a perdu son étanchéité depuis trois matches, mise à mal par des erreurs individuelles et des errements tactiques, une mauvaise série que le dauphin de Ligue 1 compte stopper dimanche (20h45) à Metz.

Cette saison, la courbe d’efficacité de l’arrière-garde phocéenne ressemble à des montagnes russes : elle a d’abord pénalisé l’équipe de Jorge Sampaoli, trop souvent prise à défaut, avant de devenir un point fort sur lequel se sont bâtis les succès lui dégageant la route du podium.

La bascule est intervenue après la trêve d’octobre, quand le technicien argentin a revu ses plans : “Il nous a dit: +ce n’est pas normal qu’on prenne des buts. Quand les gens disent qu’on en prend beaucoup, ça m’énerve.+ Depuis ce discours, on en prend beaucoup moins”, a raconté William Saliba fin janvier sur RMC.

Au moment de cette confidence, le jeune joueur prêté par Arsenal brillait au sein de la meilleure défense du Championnat. Mais depuis, le roc s’est fissuré avec huit buts encaissés lors des trois derniers matches.

“Une mauvaise période”

Lyon a lancé l’assaut lors du match de championnat à rejouer le 1er février (défaite 2-1), Angers a suivi en marquant deux buts dans le premier quart d’heure avant d’être renversé (victoire 5-2), Nice a enfoncé le clou mercredi (défaite 4-1) en éliminant l’OM de la Coupe de France.

“Ces trois derniers matches, nous avons fait des erreurs, et ils ont profité des occasions que nous leur avons données. Ce n’est pas une question de système, c’est juste une mauvaise période pour nous. Mais je ne pense pas que ce soit inquiétant”, a tenté de relativiser Duje Caleta-Car, le défenseur croate de l’OM.

A Nice, Sampaoli avait toutefois opté pour une composition aussi inédite que déconcertante, alignant quatre défenseurs centraux (Saliba, Caleta-Car, Balerdi, Peres) devant le gardien Pau Lopez, encore préféré à Steve Mandanda.

Lancer William Saliba et Luan Peres comme latéraux, en laissant les spécialistes du poste Pol Lirola et Sead Kolasinac sur le banc des remplaçants, s’est révélé être un pari perdant, mais l’ancien sélectionneur du Chili et de l’Argentine a tenu à l’assumer.

“L’idée était de neutraliser leurs attaquants. Mais les absences de Boubacar Kamara et Pape Gueye (l’un suspendu, l’autre de retour de la CAN gagnée avec le Sénégal, ndlr)… Cela a été une difficulté face à une équipe comme Nice qui met beaucoup de pression”, s’est défendu Sampaoli vendredi.

Retrouver la maîtrise du jeu

En manque de repères, les Marseillais ont coulé devant les vagues niçoises sans parvenir à redresser la barre. Les ajustements tactiques de l’entraîneur n’ont pas suffi et les prestations de certains joueurs, comme celle du capitaine Dimitri Payet exilé sur l’aile gauche, n’ont pas aidé.

“Nous avons changé de système à la mi-temps et nous avons encore pris deux buts. Ce n’est pas une question de système, tous ces buts viennent du fait qu’on a mal joué”, a coupé Sampaoli.

Et l’Argentin d’ironiser : “il y a une semaine nous étions la meilleure défense d’Europe, aujourd’hui nous serions la pire. […] Tout ça, ce sont des analyses de comptoir au café du commerce. En fait tout dépend du jeu. Quand on a le contrôle, l’équipe s’impose, et quand elle ne s’impose pas, ne met pas de pression, le résultat est là.”

A Metz, face à une équipe qui marque peu (24 buts en 23 rencontres), les Marseillais chercheront à colmater les brèches pour soigner leurs statistiques en même temps que leur moral.

Le retour de suspension de Boubacar Kamara, milieu précieux dans le repli défensif, devrait faire du bien au quatuor de derrière. “A la perte du ballon, il descend directement, c’est comme si on était à cinq”, disait Saliba fin janvier. Avec les soucis actuels, ce ne sera pas du luxe.