Ligue 1: Jonathan Clauss, le “Monsieur caviar” du RC Lens

Le défenseur lensois Jonathan Clauss célèbre un but contre Angers SCO, lors de la rencontre de Ligue 1 du 28 février 2021 au stade Raymon Kopa à Angers
/ © 2021 AFP

Adepte du “football plaisir”, Jonathan Clauss régale ses coéquipiers à Lens en 2021 avec deux buts et surtout six passes décisives, des statistiques de haut vol pour ce défenseur précieux dans le jeu, efficace dans la zone de vérité et qui découvre la Ligue 1 sur le tard.

“Je suis un contre-attaquant avec de la vitesse et de la technique. J’aime les dernières passes, le football moderne fait de rapidité, l’adrénaline des matches… Le +football plaisir+ est celui qui me correspond le mieux”.

A son arrivée l’été dernier, Clauss avait annoncé la couleur: un joueur rapide, spontané et décisif. Quasiment un an plus tard, le latéral droit formé à Strasbourg a conquis tout son monde.

C’était pourtant loin d’être une évidence pour le défenseur de 28 ans qui dispute seulement sa première saison dans un club de l’élite, après un court passage à Quevilly-Rouen en Ligue 2, puis deux années chez l’Arminia Bielefeld (2018-2020), formation de deuxième division allemande qu’il a aidée à monter en Bundesliga.

“C’est un joueur très dynamique, avec la capacité de reproduire les efforts. Il est aussi polyvalent sur le couloir droit”, l’avait décrit son nouvel entraîneur Franck Haise, au moment de sa signature à Lens.

Après un début de championnat discret, alternant avec Clément Michelin sur le flanc droit du 3-4-1-2 artésien, et après avoir contracté le Covid-19, Clauss a mis la machine en route.

Une passe décisive en 2020 contre Reims, puis six caviars (Coupe de France comprise) et deux buts en 2021: voilà pour la partie statistique de celui qui a délivré deux offrandes le 21 mars à Strasbourg (2-1), son club formateur, pour le dernier match des Lensois avant la trêve.

“parcours différent des autres”

“Je pense que Jonathan Clauss est très heureux de sa saison, très heureux d’être en Ligue 1. Il a un parcours différent d’autres joueurs. Ce parcours l’amène ici, à jouer avec Lens et à gagner à Strasbourg. Il est dans la continuité de ses performances délivrées depuis un bon moment. Le rôle lui convient à merveille. Ses qualités s’expriment beaucoup”, avait commenté Haise depuis la Meinau.

A 28 ans, Clauss savoure et exploite parfaitement sa nouvelle vie en L1, à la fois éloignée et si proche, dans le temps, de son passé d’amateur à Raon-L’Etape ou à Avranches. Avec les Sang et Or, il répète inlassablement ses courses dans un rôle de piston qui lui confère une liberté appréciée.

Sa capacité à se montrer dangereux se confirme dans d’autres chiffres, ajoutés à une régularité trouvée. Il est directement impliqué dans sept des treize dernières réalisations lensoises en championnat.

Mieux, sa patte droite lui offre le luxe de briller aussi bien dans le jeu que sur coups de pied arrêtés. Son corner à destination de Massadio Haïdara, en Alsace, en est une preuve. L’autre est ce coup franc direct inscrit mi-mars face à Metz (2-2), le premier en L1 pour Lens depuis 2011… et le premier d’un latéral droit de métier depuis Eric Sikora, en 2000.

S’il n’atteindra jamais les 590 apparitions de son aîné, il pourrait venir tutoyer les 23 réalisations de ce dernier sous la tunique artésienne, voire les passes décisives. Un domaine devenu la spécialité des arrières droits au Racing, puisque le record (37) appartient à un certain Yohan Demont, devant Sikora. Clauss pourrait donc perpétuer cette tradition maison.