Ligue 1: Ferri, la touche lyonnaise de Montpellier

Le milieu de terrain de Montpellier, Jordan Ferri, contrôle le ballon devant l’attaquant zimbabwéen de Lyon, Tino Kadewere, lors de leur match de L1, le 15 septembre 2020 au stade de La Mosson
/ © 2021 AFP

Marqué par son passage à l’OL, le milieu de terrain Jordan Ferri apporte depuis l’été 2019 une touche lyonnaise au jeu de Montpellier, qui se déplace samedi dans le Rhône lors de la 25e journée de Ligue 1.

Les souvenirs et les émotions afflueront probablement pour l’ancien partenaire de Lacazette, Umtiti ou Tolisso, qui revient pour la première fois depuis son départ en octobre 2018 sur les terres de son apprentissage.

Après un prêt d’une saison à Nîmes (2018-2019), Ferri a émigré à Montpellier, pour mieux tourner la page de ses longues années (2007-2018) chez l’ancien maître absolu du football français.

Expérience, goût du jeu et recul sur les aléas des résultats: Ferri, âgé de 28 ans et avec plus de 200 matches en Ligue 1 au compteur, transmet son savoir-faire à l’équipe de Michel Der Zakarian, qui ambitionne de se replacer dans la première moitié de classement.

Au coeur d’un vestiaire en ébullition, qui s’est questionné sur sa traversée du désert hivernale (neuf matches sans succès), le Provençal, originaire de Cavaillon et passé par Saint-Rémy-de-Provence, a privilégié le calme.

“Il y a toujours des moments compliqués dans une saison. A Lyon, il suffisait que l’on perde un ou deux matches pour que l’on parle de crise. L’expérience m’a appris qu’il ne fallait pas s’alarmer trop vite, ni douter. Il faut se parler et garder un esprit positif”, expliquait-il peu avant que Montpellier n’enchaîne un nul à Metz (1-1), une victoire devant Dijon (4-2) et une qualification en Coupe de France mercredi à Strasbourg (2-0).

sentinelle efficace

Ferri incarne mieux que personne la mutation de l’entrejeu montpelliérain, où il soigne la maîtrise collective à côté des manieurs de ballon que sont Florent Mollet et Téji Savanier. En remplaçant les robustes Ellyes Skhiri et Paul Lasne, transférés à Cologne (Allemagne) et Brest, par les deux anciens complices gardois Ferri et Savanier, Montpellier a cherché à affiner la qualité de son jeu et à prendre la main sur son destin.

Et l’habituel relayeur Ferri, au petit gabarit (1,72 m, 70 kg), s’est réinventé au poste de sentinelle afin d’assurer une première relance et de mettre sa technique lyonnaise au service du collectif.

“Je me sens bien à ce poste devant la défense. J’y avais joué lors de précédentes saisons mais pas de manière aussi régulière. J’y prends du plaisir et je fais au mieux pour l’équilibre de l’équipe”, racontait-il récemment.

Tantôt relayeur, tantôt animateur de jeu, Ferri a peut-être trouvé sa place et élargit son influence au coeur du milieu reformaté de Montpellier. “Pour l’instant, il est bon dans ce registre. Il gratte des ballons, assure les sorties de balle. Il porte moins le ballon et est devenu plus efficace”, apprécie +Der Zak+.

Depuis ce repositionnement début novembre, après la gifle prise devant Reims (4-0), l’ancien Lyonnais s’est affranchi de quelques doutes, qui l’escortaient depuis sa blessure au genou contractée à l’automne 2019. Confinement, lente montée en régime et poids des attentes: il a tâtonné jusqu’au coeur de l’automne et un déplacement à Saint-Etienne. “On sait que l’on peut compter sur lui”, assure désormais le capitaine Vitorino Hilton.

Constant, costaud dans les duels et précieux pour sa culture du jeu, il s’est même fait pardonner une maladresse auprès des supporters de la Paillade. Au lendemain du derby languedocien perdu à la Mosson face à Nîmes (1-0), il était apparu avec un maillot nîmois dans une vidéo virale sur les réseaux sociaux. Là aussi, il a vite tourné la page.