Ligue 1: Djibril Sidibé, histoire d’une renaissance en Principauté

Le défenseur de Monaco, Djibril Sidibé, lors du match de L1 à domicile contre le Paris Saint-Germain, le 11 novembre 2018 au stade Louis II
Par Christophe BELLEUDI / © 2021 AFP

“J’espère finir en boulet de canon”: champion du monde en 2018 avant de rentrer dans le rang, Djibril Sidibé, qui retrouve progressivement une place de titulaire à Monaco, vise, en fin de saison, l’Europe en club et l’Euro en Bleu.

Après une saison post-Mondial ratée avec Monaco, une saison dernière passée dans l’anonymat en prêt à Everton, et un début de saison compliqué durant lequel il a été touché par la Covid-19, le champion du monde Djibril Sidibé était sorti des radars des aficionados de football.

Jusqu’à ce que Paul Mitchell et Niko Kovac, respectivement directeur sportif et entraîneur de Monaco depuis l’été dernier, décident de relancer ce joueur expérimenté, qui, à 28 ans, reste “bankable”. S’il est à son meilleur niveau…

Or, en 2021, Monaco a enchaîné quatre victoires en autant de titularisations de Sidibé. Relation de cause à effet?

“Actuellement, c’est le +Djibo+ (son surnom, ndlr) que je veux voir, se satisfait Kovac. Intelligent dans le jeu, capable de pousser ses adversaires dans leurs retranchements. Ses performances s’améliorent et il joue (…). Son expérience permet une stabilité et une construction à trois.”

“La gestion d’Ancelotti”

“Comme on a pris pas mal de buts, le coach me demande de rester derrière, pour garder une supériorité en cas de contre, explique le défenseur. Cela demande beaucoup de réflexion et de concentration, afin de rester, avec les deux milieux défensifs, à cinq pour défendre.”

Cette évolution permet à Monaco de viser désormais l’Europe. “On en a les moyens mais l’équipe est jeune, poursuit le joueur. Le coach apporte sa fraîcheur et sa mentalité de gagneur, avec un staff très rigoureux et discipliné. On est appliqué, concentré aux entraînements. Il faut garder ce cap. Mais la L1 reste serrée.”

Sidibé préconise donc de “rester humble et travailleur”. Il a assez d’expérience pour savoir que rien n’est acquis. Après l’extension de son prêt à Everton pour terminer la saison de Premier League en juin, le latéral n’a ainsi pas été conservé chez les Toffees, dans “le meilleur championnat”. Pourtant, il positive.

“Cela a été une saison fantastique à tous les niveaux: sportivement et émotionnellement, raconte-t-il. Carlo Ancelotti m’a marqué par sa gestion des joueurs. J’ai aussi évolué dans des stades fantastiques. J’avais le souhait de continuer. Mais je ne suis pas déçu. J’ai vécu une belle expérience.”

“Me remettre en question”

Son retour en Principauté a pourtant été délicat. “J’ai d’abord loupé la préparation avec le groupe, puis été contaminé par le Covid et enchaîné quelques petites blessures, énumère-t-il. La mise en route a été compliquée. Dans une carrière, il y a des hauts, des bas. J’ai fait le dos rond, travaillé dur pour revenir en forme.”

L’international ne se cherche aucune excuse: “quand on a connu le titre mondial, les attentes sont très élevées. A moi de me remettre en question. Tout le monde fait des erreurs. Mais je n’ai jamais douté. Pour voir le vrai Djibril, je dois être à 100%. A cette période, je ne l’étais ni physiquement, ni mentalement.”

Aujourd’hui, la situation est différente. “Je suis mieux. Collectivement, tout va bien. J’espère finir en boulet de canon!”, annonce-t-il.

Aussi, il “savoure et profite”. “Le club, le coach et mes partenaires ont confiance en moi. Je veux les aider à atteindre les objectifs.”

Le sien est ambitieux: l’Euro. “C’est un objectif mais pour l’instant, je veux continuer sur mes dernières sorties et être performant pour l’équipe, conclut-il. Je ne focalise pas sur les Bleus. Mais quand on a goûté ce maillot, on veut y retourner le plus souvent possible.”