Le milieu de Rennes Adrien Hunou (g) dégage le ballon face à l’attaquant de Toulouse Max-Alain Gradel, en L1 au Roazhon Park, le 27 octobre 2019
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Buteur prolifique depuis plusieurs mois, le Rennais Adrien Hunou s’extirpe peu à peu de son rôle de doublure offensive. A un moment charnière pour le joueur âgé de 25 ans: en fin de contrat en juin prochain, son avenir n’est pas clair.

Contre Toulouse le week-end dernier, il n’a eu besoin que de six minutes pour marquer. Une semaine plus tôt, il avait déjà répondu à la confiance de son entraîneur Julien Stéphan, en inscrivant un autre but sur le terrain de Monaco.

Adrien Hunou, milieu de terrain de formation, n’est pourtant pas, à première vue, un renard des surfaces, mais les statistiques parlent pour lui.

Ces deux buts permettent au joueur formé au club de porter son total à 14 unités depuis janvier 2019, soit dix en L1, deux en Ligue Europa, une en Coupe de France et une en Trophée des Champions. Et ce, en n’étant titularisé qu’à peine une fois sur deux depuis le début de l’année.

“Si on fait appel à moi, j’essaie d’être le plus décisif possible”, glisse celui qui est passé par Clermont pour parfaire sa post-formation, sous la forme de deux prêts successifs entre novembre 2014 et juin 2016 (47 matchs, 11 buts, 6 passes, 5 penalties provoqués).

Buteur sur le tard

Revenu à Rennes en 2016, Hunou a mis du temps à trouver sa place dans les plans des entraîneurs qui s’y sont succédés. Longtemps cantonné un rôle de joker grattant uniquement des minutes en fin de match, l’élégant milieu a été prié de monter d’un cran par Sabri Lamouchi au printemps 2018.

Un choix par défaut pour palier les absences de Wahbi Khazri et Diafra Sahko à l’époque. Mais ses trois buts décisifs en trois matches ont alors commencé de le convaincre que sa place était sans doute devant.

Depuis, sa qualité de répétition des courses à haute intensité a plaidé en sa faveur, et sa mue s’est accélérée la saison dernière et se poursuit encore, malgré quelques blessures cet été (ischios-jambiers et genou).

“Il n’y a que lui qui peut se retrouver dans les bonnes zones, souligne son coéquipier et ami Benjamin Bourigeaud. C’est quelqu’un qui doute rarement de ces capacités, il en a d’énormes : il travaille beaucoup, il mérite.”

Surnommé “Pipo” par le vestiaire, en référence à l’ancien buteur de l’AC Milan “Pippo” Inzaghi, connu pour sa qualité de renard des surfaces, Hunou trace son chemin.

Avenir flou

“Il a un ratio temps de jeu/but marqué très important. C’est un repositionnement tardif, mais il a ce sens du but. Il évolue dans son jeu et va le faire dans sa mentalité. Il a déjà progressé dans son jeu dos au but… Sur certains coups, il n’a pas encore les réflexes d’attaquant, mais il les développe. Je suis convaincu qu’il a une marge de progression importante”, souligne Julien Stéphan.

Un discours flatteur intervenant à un moment clé dans la carrière du jeune joueur, en fin de contrat en juin. Celui-ci a même mis ce sujet sur la table après le match contre Toulouse.

“J’ai entendu pas mal de choses sur mon prétendu refus d’une prolongation. Sachez qu’il n’y a pas de rencontre établie avec mes agents et aucune proposition écrite de la part du club. Ce sont des choses que, malheureusement, je ne peux pas contrôler”, a-t-il lancé.

Au milieu de ces incertitudes, Hunou tient quand même un allié de poids, son entraîneur. “Les discussions se passent entre le joueur et la direction, je n’ai pas à intervenir. Mais Adri sait ce que je pense de lui”, a réagi Stéphan. Une titularisation à Nîmes samedi (20h00) serait un nouveau signe envers le joueur. Et la direction.