Ligue 1: à Saint-Etienne, pour 100 briques, t’as plus rien ?

Ghislain Printant, alors entraîneur adjoint de Saint-Etienne, suit le match contre Wolfsburg, en Ligue Europa à Geoffroy-Guichard, le 3 octobre 2019
Par Francois-Jean TIXIER / © 2020 AFP

Malgré un budget record et de grandes ambitions, Saint-Étienne, qui joue à Montpellier dimanche (15h00), se traîne à la 15e place de la Ligue 1 et évoque désormais une saison de “transition”. De quoi inquiéter les supporters.

L’été dernier, l’ASSE a fait passer son budget de 88 millions à plus de 100 millions d’euros, soit le plus gros de son histoire et le 6e de Ligue 1. Avec pour objectif de faire aussi bien qu’en 2018/19 en championnat (4e) et de passer la phase de groupes de la Ligue Europa à l’automne.

Bilan provisoire: une élimination précoce sur la scène européenne et une médiocre 15e place en L1.

En cause ? une série d’erreurs stratégiques, de la nomination de l’entraîneur à la préparation de la saison, en passant par le recrutement.

Pour succéder à Jean-Louis Gasset (65 ans), les dirigeants ont choisi son adjoint Ghislain Printant (58 ans), dont l’expérience en Ligue 1 se limitait à quelques mois à Bastia. Faute de résultats, il a été remplacé par Claude Puel dès le 4 octobre.

Le recrutement estival n’a pas non plus permis d’équilibrer l’effectif, ni de le délester de joueurs indésirables (Diony, Lacroix). Et le club n’avait pas de marge financière pour le corriger cet hiver, avec pour seule arrivée celle du défenseur de Dunkerque (National) Yann Maçon.

En outre, le groupe est affecté depuis plusieurs semaines par des blessures qui pourraient s’expliquer par la préparation de l’été, effectuée en pleine chaleur aux États-Unis, puis en Angleterre, et probablement inadaptée.

Malgré une embellie de courte durée (5 victoires, 1 nul en L1) permettant une remontée au classement à portée du podium, Puel (58 ans) a vite été confronté aux limites de son effectif, éliminé de la C3 fin novembre.

“C’est toujours difficile de reprendre en cours de saison. C’est un vrai challenge. Il faut aller à l’essentiel. Je me donne à fond pour le long terme”, avait-il prévenu d’emblée.

“Sans cesse s’adapter”

Avant-dernier à son arrivée après huit journées, le club, 15e de la L1, vient d’enregistrer sept défaites pour deux victoires sur les neuf dernières matches, toutes compétitions confondues.

A Montpellier, les Verts devront encore faire sans Yohan Cabaye, Wahbi Khazri ou Romain Hamouma, des joueurs majeurs, mais aussi Arnaud Nordin. Avant eux, Mathieu Debuchy, Yann M’Vila, Denis Bouanga ont aussi manqué à l’appel.

“On doit sans cesse s’adapter”, euphémise Puel, nommé manager général et membre du directoire.

Et de jongler, plutôt, avec des états de forme disparates, des indisponibilités, les états d’âmes de cadres parfois vieillissants (Debuchy, Hamouma, Cabaye, Perrin) quand ils ne sont pas contre-performants (M’Vila, Kolodziejczak, Ruffier, Boudebouz) ou blessés.

Dans ce contexte, fidèle à ses habitudes passées, Puel cherche à promouvoir des jeunes (Saliba, Abi, Fofana, Camara, Correia).

“Les résultats sont la partie visible d’un projet et comme dans tout projet, ça facilite les choses d’en avoir. J’étais conscient qu’il y avait beaucoup à faire et qu’il ne fallait pas s’emballer, même quand nous avons réussi notre série de neuf matches d’invincibilité”, a-t-il rappelé vendredi.

“Nous avions eu beaucoup de réussite et de la fraîcheur à ce moment-là. Aujourd’hui, malgré notre bonne volonté, nous manquons clairement de réussite”, juge-t-il.

Avec sept points d’avance sur le barragiste (Nîmes) mais à six points du 5e, l’ASSE espère encore bien finir la saison, notamment en Coupe de France avec les demi-finales en ligne de mire avant d’affronter Épinal (N2, 4e div.) en quart le 13 février.

Mais en Ligue 1, faire aussi bien qu’en 2019 n’est plus d’actualité.