Ligue 1: à Montpellier, le capitaine Savanier reprend la barre

Téji Savanier buteur sur penalty avec Montpellier lors du déplacement à Monaco, le 24 octobre 2021
/ © 2022 AFP

Absent pour trois matches à cause d’une suspension, le capitaine Téji Savanier reprend les commandes d’une équipe de Montpellier qui tangue en ce début d’année et veut retrouver son rythme de croisière devant Lille, le champion, samedi (17h00) pour la 24e journée de Ligue 1.

L’entraîneur Olivier Dall’Oglio attend beaucoup de son meneur de jeu, absent contre Monaco, Marseille et Saint-Etienne, pour sécuriser une jeune équipe engagée presque malgré elle dans la course à l’Europe (7e place) après la première moitié de saison la mieux réussie depuis dix ans.

“Sa présence peut changer pas mal de choses sur le plan tactique et l’animation offensive. Téji rassure car il est le leader technique. On sait que l’on peut lui donner le ballon, il en fera quelque chose”, relève Olivier Dall’Oglio.

Entre excès de nervosité et talent hors-norme, Savanier (30 ans) alterne le meilleur et le pire depuis l’aube d’une saison très aboutie, sur l’élan de son escapade aux JO de Tokyo avec l’équipe de France olympique.

Sous l’effet du transfert à Nice de son complice Andy Delort et d’un ajustement tactique, il cumule de multiples responsabilités. Capitaine, meneur de jeu et vrai patron du vestiaire, il assume ces nouveaux rôles dans son club formateur, qu’il a retrouvé en 2019 à la suite d’un onéreux transfert de Nîmes (10 millions d’euros).

Brassard au bras, l’enfant de la cité Gély, enclave gitane, est épanoui comme jamais pour sa troisième saison dans sa ville de Montpellier. Le coach lui a confié les clefs du camion et cela rejaillit sur ses performances mais aussi sur le groupe.

“L’an passé, il s’exprimait moins, mais il a désormais pris ce rôle à coeur. Et il l’assume parfaitement bien. C’est tout bénéfice pour l’équipe, le club et lui. A ce poste de meneur, il va mettre dix buts et autant de passes décisives”, souffle Pascal Baills, entraîneur adjoint.

Virtuosité et coups de sang

Avec cinq buts et six passes décisives en dix-huit matchs de Ligue 1, le milieu de terrain, positionné en vrai numéro dix en soutien de l’avant-centre Valère Germain, rayonne par son efficacité, sa disponibilité et sa virtuosité technique.

Revers de la médaille, Téji Savanier cède encore à ses vieux démons et ne peut gommer ses sentiments d’injustice, à l’origine de coups de sang. Trois jours après l’exclusion injustifiée à Strasbourg (3-1) d’Elye Wahi, finalement blanchi, le capitaine de Montpellier, au comble de sa nervosité, a été exclu à la Mosson devant Troyes (1-0) pour avoir marché sur le défenseur Oualid El-Hajjam.

“Téji doit faire le constat personnel de ce problème-là, celui de la maîtrise des émotions. On a quelques joueurs qui confondent tempérament et mauvais caractère. L’excès de colère ne fait pas avancer. En tant que capitaine, s’il ne se maîtrise pas, les autres vont faire pareil. Il doit gagner en maturité”, rappelait Olivier Dall’Oglio, peu après son exclusion devant Troyes.

Dall’Oglio avance par ailleurs sur une alternative pour répondre aux absences répétées de son maître à jouer, privé de cinq matches depuis le début de saison. Pour s’affranchir de sa dépendance et évidente influence.

A Nice début novembre (0-1), ou plus récemment face à Monaco (3-2), le technicien montpelliérain a ainsi réorganisé l’entrejeu et refaçonné son animation offensive plutôt que de confier le rôle de meneur axial à Florent Mollet.

Le président Laurent Nicollin, lui, est ravi du rôle et du rendement de son capitaine. Il a d’ailleurs entamé les négociations pour la prolongation d’un contrat qui court jusqu’en 2023. Et pour l’heure, Savanier fait durer le plaisir.