Ligue 1: à Monaco, les comptes commencent à être mauvais

L’attaquant et capitaine de l’AS Monaco Wissam Ben Yedder contre Braga en Ligue Europa, le 17 mars 2022 au stade Louis-II
Par Christophe BELLEUDI / © 2022 AFP

Monaco voit s’évaporer ses objectifs depuis un mois à force de mauvais résultats et n’a plus qu’un espoir infime d’accrocher l’Europe. C’est déjà l’heure des comptes, et au moment de recevoir la Paris SG, dimanche (13h00), ils sont mauvais…

. Leaders invisibles

Le capitaine Wissam Ben Yedder traverse péniblement cette fin d’hiver. Il ne marque pas (un but en neuf matches) et peine à mobiliser dans ces moments compliqués. Invisible dans les médias, il ne va pas au feu pour protéger son groupe.

Appelé en sélection sans jamais troubler la hiérarchie, le meilleur buteur de L1 construit sa saison sur des statistiques, sans être jusqu’à présent influent ni sur ni hors du terrain.

L’autre international Aurélien Tchouameni est également en difficulté. Outre le contrecoup physique de l’enchaînement des matches en club et en sélection, le jeune milieu a forcément en tête son futur. Car Monaco le cèdera cet été. Il ne doit pas se tromper de point de chute.

D’autres cadres ont aussi plongé dernièrement. L’attaquant allemand Kevin Volland, les Brésilien Jean Lucas et Caio Henrique enchaînent ainsi les prestations sans relief.

Sans forcément être les meilleurs, seuls Axel Disasi, Alexander Nübel et Benoît Badiashile font face. “Je comprends la frustration des supporters, explique ce dernier. Monaco a une grande histoire, ça se respecte. On a des objectifs très élevés. On en est très loin.”

Le défenseur de 20 ans formé au club poursuit: “Ce n’est pas parce que ça se passe mal qu’on doit lâcher. On essaie de rester soudés pour sortir de cette spirale négative. Mais il ne faut pas se voiler la face. On peut juste essayer d’accrocher une place européenne.”

. Entraîneur peu influent

Le remplacement de Niko Kovac par Philippe Clément, début janvier, a été soudain. Réputé pour son approche psychologique, le Belge a rapidement expliqué qu’il lui faudrait du temps.

Pourtant, en trois mois, le niveau de l’équipe n’a pas monté et ses principes de jeu restent difficiles à cerner. Depuis mi-février, il invoque souvent le manque de réussite pour expliquer les contre-performances (5 points sur 15 en L1, élimination en Coupe contre Nantes, en Ligue Europa contre Braga).

Or, depuis trois matches, le mal est plus profond. Les têtes sont touchées. “Le manque de résultat peut créer un manque de confiance, reconnaît Clément. Mais on doit réagir. Ce match peut changer beaucoup de choses”.

Pour cela, “tout devra être parfait: solidarité, énergie, jouer en bloc et être vraiment efficace. Les joueurs le peuvent. Ils l’ont prouvé par le passé”, insiste le Belge.

Encore faudra-t-il que tous les joueurs soient réellement impliqués. Vue la gestion de l’effectif sur les dernière rencontre, la question reste en suspens.

. Direction en question

Différents éléments sont à distinguer dans la politique menée par le directeur sportif Paul Mitchell depuis juin 2020. D’abord, il y a la réduction de l’effectif et la restructuration du club. De plus de 70 contrats professionnels, le club est passé à 48, dont huit sont prêtés (dont Barreca, Pellegri, Lecomte, Geubbels ou Aholou) et une dizaine évoluent en réserve.

Mais Monaco n’a pas effectué de grosses ventes. A chaque mercato, la balance est très déficitaire. Cet été, il y aura donc obligation de vendre, Tchouameni en tête. Et si Monaco n’est pas en C1, Mitchell et Oleg Petrov devront vendre plus. Et mieux.

Au-delà des transferts, la gestion du cas Kovac pose question. En tranchant ainsi, Mitchell et Petrov ont pris un risque, assumé.

Le Croate n’a pas qualifié Monaco contre Donetsk en barrages de la Ligue des champions et se savait fragilisé. Pourtant, il tenait encore son groupe. Mais il laissait peu de place aux autres dans sa relation aux joueurs.

Mais Clément, pourtant plus ouvert, a confirmé samedi qu’aucun discours de la direction n’était prévu avant Paris. Demeure ainsi l’interrogation sur la capacité de Mitchell, voire de Petrov, à insuffler à l’équipe une énergie complémentaire à celle de l’entraîneur.