Ligue 1: à Monaco, c’est l’attaque qui est patraque

La joie de l’attaquant allemand de Monaco, Kevin Volland, félicité par l’attaquant français Wissam Ben Yedder, après son but marqué contre Angers, lors de leur match de L1, le 25 avril 2021 au Stade Raymond Kopa
Par Christophe BELLEUDI / © 2021 AFP

Grande force de l’équipe la saison dernière symbolisée par le duo Ben Yedder-Volland (36 buts à eux deux), l’attaque de Monaco, restée muette à Lorient puis mardi contre le Shakhtar Donetsk, doit réagir samedi contre Lens pour la 3e journée de L1.

. Volland et Ben Yedder en retard

Kevin Volland et Wissam Ben Yedder sont loin du niveau qui était le leur la saison dernière. Celui qui avait permis au premier de cumuler 16 buts et 4 passes décisives, et au second de totaliser 20 buts et 7 passes.

A Lorient et contre le Shakhtar, les deux joueurs ont éprouvé beaucoup de difficultés à se trouver et à se mettre en position de frappe.

Lorsque ce fut le cas, eux qui, l’an dernier, avaient fait de Monaco l’équipe la plus efficiente de L1 devant le Paris SG et Marseille en convertissant 15,6% des frappes en but, ont été trop imprécis.

Ils ne sont toutefois pas remis en cause par Niko Kovac, qui mesure la complexité de devoir faire monter en puissance deux joueurs revenus tardivement après l’Euro, tout en leur donnant les clés de cet important début de saison.

“Il faut trouver le juste équilibre en temps de jeu, explique l’entraîneur. D’autant que nous avons très peu de sessions d’entraînement. Après la trêve internationale de septembre, ils seront au niveau des autres.”

En attendant, il doit aussi alimenter leur confiance. Voilà pourquoi Ben Yedder a joué tout le match retour contre le Sparta Prague (3-1) au 3e tour préliminaire de la C1. Mais, si Volland a déjà marqué à Prague, “WBY”, lui, n’a toujours pas trouvé le chemin des filets en cinq matches.

“C’est toujours la même question, estime son entraîneur. Wissam est un grand attaquant. Cela va tourner, comme toujours. Il se crée des opportunités. Cela se joue à quelques centimètres.”

. Boadu en acclimatation

Gros transfert de l’été monégasque (17 millions d’euros), l’attaquant néerlandais Myron Boadu, dont l’âge (20 ans), le profil et l’excellente saison 2020-2021 ont attiré de nombreux clubs européens, remplace numériquement Stevan Jovetic.

Il a déjà connu une fois la sélection A néerlandaise et n’a pas peur d’afficher sa confiance en soi. “Je suis un buteur, annonce-t-il. Je suis fort physiquement. Je suis ici pour marquer. C’est mon boulot et c’est ce que j’aime.”

Mais aussi prometteur soit-il, il n’a pas l’expérience du Monténégrin. Et doit encore logiquement acquérir du temps de jeu pour intégrer parfaitement le collectif.

“Je dois encore m’adapter, admet-il. Mais je commence à connaître mes équipiers et suis certain que je serai capable d’aider l’équipe pour réaliser ses grands objectifs.”

Imprécis contre Nantes et invisible à Lorient, Boadu, titulaire à chaque fois, a raté ses débuts. Mais il reste l’alternative principale au duo Ben Yedder-Volland.

Car, entre Pietro Pellegri, Willem Geubbels, Wilson Isidor et Anthony Musaba, tous âgés de 20 ans, aucun n’a encore réellement convaincu Kovac. Pour les deux premiers, l’attente commence même à devenir longue…

. Passeurs étouffés

Les circuits de passes de Monaco ont été décortiqués par les adversaires, en L1 comme sur la scène européenne. Kovac sait qu’il doit évoluer. Mais, dans l’urgence, la situation est complexe.

“La saison dernière, nous avons mis en place nos principes car nous avions chaque semaine pour travailler. Ce n’est plus le cas. On joue tous les trois jours. Mais progressivement, les recrues assimilent ce que les autres savent déjà.”

Pour l’instant, l’évolution se fait a minima. Les attaques s’effectuent toujours en partant de trois défenseurs. Le latéral gauche Caio Henrique (voire la recrue Ismail Jakobs) et Gelson Martins (ou le décevant Krépin Diatta) à droite ont vocation à trouver la dernière passe. Comme Sofiane Diop ou Aleksandr Golovin dans l’axe.

Mais Kovac le concède: “On va rencontrer de plus en plus d’équipes avec cinq défenseurs, qui voudront bien défendre, contrer et être performantes sur coups de pied arrêtés. Il faudra encore plus d’impact et de solutions pour percer ces murs.”

Et pour Monaco, le temps presse.