Ligue 1: à Monaco, ça tangue à tous les étages

L’entraîneur de l’AS Monaco Robert Moreno durant le match contre Saint-Etienne en Coupe de France, le 28 janvier 2020 à Louis II
Par Christophe BELLEUDI / © 2020 AFP

Avec son nouvel entraîneur Robert Moreno, Monaco n’a pris qu’un point en quatre matches de L1, a été éliminé en Coupe, et a été déstabilisé par le coup de sang de Gelson Martins sur un arbitre à Nîmes. Contre Angers mardi (19h00), l’ASM veut s’éviter la crise.

. Lacunes et certitudes de Moreno

Robert Moreno a écrit un livre sur le 4-4-2, été membre de staffs techniques de haut vol, été quelques mois sélectionneur de l’Espagne. Mais il est néophyte comme entraîneur N.1 en première division.

Ses idées sur le football, ses séances ludiques et parfois novatrices se heurtent à une réalité: le pragmatisme de ses homologues de L1, que ses principes n’ont pas encore su surpasser.

Mais Oleg Petrov, le vice-président, le défend. “Je n’ai pas de doute le concernant malgré des débuts difficiles, prévient-il. Son travail est très professionnel, sa communication avec les joueurs, bonne. Je suis sûr d’avoir fait le bon choix. Il faut lui laisser un peu de temps pour s’installer. La spirale va s’inverser”.

Le discours de Moreno, qui paraissait clair à son arrivée, commence toutefois à se raidir.

“Je ne veux pas perdre mon temps avec ce que je ne peux pas contrôler, lance-t-il. Je dois faire en sorte d’améliorer la tactique, le contrôle mental”.

“Je ne sais pas pourquoi on n’a pas réussi à gagner en L1″, reconnaît-il. Quand tu ne gagnes pas, il y a crise. Mais pour moi, il y a crise quand les joueurs ne font pas ce qui est demandé. Or, ils font les efforts. Je suis sûr qu’on gagnera beaucoup en continuant avec cette mentalité”.

En attendant, son image, comme celle du club, est déjà écornée. “Cela m’est égal, rétorque-t-il. Je ne peux pas le contrôler. Je peux juste contrôler les entraînements. Et gagner. Alors ça changera”.

. Faillite des leaders

Les images hallucinantes de Gelson Martins repoussant M. Lesage avant et après avoir été exclu de la rencontre à Nîmes samedi sont venues perturber l’état du groupe, déjà bien bousculé par l’arrivée du nouveau technicien.

Les habituels leaders de vestiaires (Glik, Subasic, voire Fabregas ou Jemerson) semblent marquer le coup quand d’autres, comme Maripan, Baldé, ou Adrien Silva, qui n’est pourtant que prêté, tentent d’émerger, dans le flou. Seul le leadership technique est clairement défini: il appartient à l’attaquant Wissam Ben Yedder.

“Tous les joueurs sont ensemble, sur le même bateau, défend Moreno. Je les vois s’entraîner ou en réunion. Ils veulent gagner et réaliser une série de victoires. Il faut rester calme, avoir confiance dans notre travail. Je suis sûr de la qualité des joueurs. Les résultats arriveront”.

. Hésitation et fermeté de la direction

Oleg Petrov était un homme d’affaires, “sans connaissance du football”. Mais, fort de son entourage fait de personnalités russes du ballon rond comme Viacheslav Ivanovdirecteur général adjointet Igor Korneev, ancien directeur sportif du Zenit Saint-Petersbourg et du Lokomotiv Moscou, il sort peu à peu de l’ombre en cette période compliquée.

“Désormais, je vais plus communiquer!”, promet-il. Conséquence: il annonce des sanctions envers Gelson Martins, dont le comportement n’est “ni acceptable, ni pardonnable”, et se “paye” l’assistance vidéo. “Les statistiques montrent qu’elle a été utilisée à neuf reprises pour Monaco. Soit, le plus en L1. Une seule fois, ça a été en notre faveur. Je ne critique pas l’arbitrage mais demande de l’équité”, lance-t-il. Encore un peu plus d’huile sur le feu…