Ligue 1: A l’OM, Milik, et après ?

L’attaquant polonais de Naples, Arkadiusz Milik, exulte après avoir marqué son 3e but contre Genk, lors de leur match de Ligue des Champions, le 10 décembre 2019 à Naples
/ © 2021 AFP

L’arrivée d’Arkadiusz Milik, l’attaquant tant attendu, a fait oublier un temps la crise de résultats que traverse l’OM. Mais le Polonais, qui sera dans le groupe samedi à Monaco (21h), ne réglera pas tous les nombreux problèmes auxquels fait face André Villas-Boas.

. Un besoin et des options

Le premier entraînement marseillais du Polonais, prêté 18 mois avec option d’achat par le Napoli, a débuté par le traditionnel “tunnel de claques” réservé aux nouveaux venus et s’est prolongé par un footing animé de discussions avec Lirola et Alvaro.

Tout sourire, Milik était certainement aussi soulagé d’avoir trouvé une porte de sortie après six mois de conflit avec Naples que l’OM d’avoir enfin déniché un nouveau N.9.

“Je suis très content. C’est un poste où on cherchait déjà cet été. On attend un peu plus de présence dans la surface, des buts”, a expliqué Villas-Boas, qui a reconnu que le titulaire du poste, Benedetto, traversait “un mauvais moment”.

Mais le technicien portugais a aussi rappelé que Milik avait très peu joué depuis le mois d’août, et plus du tout depuis le 15 novembre, date de sa dernière sélection nationale. “Il m’a dit qu’il se sentait bien physiquement mais le rythme vient avec le temps. On va lui donner le temps nécessaire”, a assuré “AVB”.

Son équipe traversant une très mauvaise passe avec une victoire et cinq points pris lors des sept dernières journées, Villas-Boas n’a justement pas beaucoup de temps. Milik va donc lui être utile très vite et il sera présent samedi à Monaco (4e), même s’il ne sera pas titulaire.

Ensuite, le coach marseillais a reconnu que l’arrivée d'”Arek” lui ouvrait de nouvelles possibilités tactiques. “Deux attaquants, c’est une possibilité. Le problème, c’est le manque de temps mais on a une semaine complète la semaine prochaine”, a-t-il dit. Le 4-4-2 redevient donc une option, comme le 3-5-2 pour profiter des qualités de Lirola, l’autre recrue hivernale.

. Une réaction attendue

La défaite face à Nîmes (2-1) il y a une semaine avait ouvert le temps des discussions, des mises en garde et des promesses de remises en question. Le résultat n’a pas été très spectaculaire contre Lens (défaite 1-0).

“On a énormément crié, il y a eu pas mal de choses dites, mais pas une grosse réaction. Il y a, je pense, beaucoup de choses à changer au sein du club”, a ainsi lâché le capitaine Mandanda après le match de mercredi.

Villas-Boas a tour à tour monté le ton puis défendu ses joueurs, pourtant indéfendables face aux Nordistes. Il a aussi mis son poste “à disposition” de sa direction, qui a balayé toute hypothèse de départ du Portugais. “Il n’y a aucun débat, AVB reste en poste”, a assuré à l’AFP une source au sein du club.

Le coach doit gérer les blessures qui s’accumulent (Amavi, Kamara), les possibles départ au mercato (Sanson), les situations incertaines de plusieurs joueurs qui arrivent en fin de contrat (Thauvin, Amavi, Germain…), voire les états d’âme de certains cadres, comme Thauvin et Payet, qui “ne partiraient sans doute pas en vacances ensemble”, comme l’a rappelé leur entraîneur vendredi.

Pour Villas-Boas et l’OM, l’arrivée de Milik est une respiration. Mais la tension reste forte autour du club, illustrée par les banderoles déployées mercredi dans les virages du Vélodrome (“Vous êtes dégueulasses”; “Vous nous faites honte”) ou par les rassemblements d’opposition au président Jacques-Henri Eyraud avant les trois derniers matches à domicile.

. Trois points espérés

Dans ces conditions, un rebond est espéré à Monaco, un adversaire pourtant en forme, et si possible avec trois points plutôt qu’un seul. Après avoir laissé filer des points contre des équipes “modestes”, les Marseillais vont affronter l’ASM, Rennes et le PSG, trois membres du Top 5, lors des quatre prochaines journées.

“On a une bonne dynamique contre les gros, j’espère que ça sera encore le cas. Ces confrontations directes sont importantes. Soit on les rejoint, soit l’écart va se creuser trop pour être comblé”, a jugé Villas-Boas vendredi.

Et le Portugais a résumé la situation de façon très simple: “Ce dont on a besoin, c’est d’une victoire, quelle que soit la façon.”