L’Euro des Bleus, un périple entre craintes sanitaires et défis logistiques

Le sélectionneur Didier Deschamps ainsi que les joueurs et le staff de l’équipe de France, s’apprêtent à monter à bord d’un avion, le 9 juin 2014 depuis l’aéroport de Lille à Lesquin
Par Antoine MAIGNAN et Jérémy TALBOT / © 2021 AFP

L’équipe de France s’apprête à prendre la route de l’Euro, un “périple” qui passera par Munich et Budapest puis, en cas de qualification, d’autres villes du continent, avec les défis logistiques que cela représente et la menace, toujours tenace, de la pandémie de Covid-19.

Lundi matin, le centre d’entraînement de Clairefontaine (Yvelines), où les Bleus ont préparé leur compétition, ne sera plus qu’un souvenir du passé. Les champions du monde s’envoleront vers Munich, lieu de leur premier rendez-vous contre l’Allemagne, le lendemain soir à l’Allianz Arena.

La Bavière sera la première étape d’une aventure jalonnée d’incertitudes… Si les deux autres matches de groupe, contre la Hongrie le 19 juin puis le Portugal le 23, sont bien programmés à Budapest (Hongrie) 600 kilomètres plus à l’Est, la suite du programme est largement indécise si les Tricolores se qualifient pour les huitièmes de finale.

La première place du groupe F impliquera un 8e à Bucarest (Roumanie), une destination plutôt rapide d’accès depuis la Hongrie. Mais le quart de finale potentiel serait lui bien plus éloigné, à Saint-Pétersbourg (Russie).

En cas de deuxième place, les Bleus fileront à Londres pour le 8e, et auraient ensuite un quart de finale à Rome. Quant aux scénarios d’une potentielle troisième place de groupe, il en existe plusieurs: Séville (8e) puis Munich (quart) ou Budapest (8e) puis Bakou (quart), un interminable déplacement en Azerbaïdjan…

Petit camp de base en Hongrie

La seule certitude, c’est que l’épilogue est prévu à Londres, hôte des demi-finales et de la finale de la compétition le 11 juillet. Mais d’ici là, le casse-tête persistera.

“On a un périple, mais on en a eu un pire au mois de mars”, a relativisé le sélectionneur Didier Deschamps en début de préparation. Il faut dire qu’au début du printemps, les Bleus avaient enchaîné trois matches de qualification au Mondial-2022 en huit jours, le premier à Saint-Denis, le deuxième à Nur-Sultan (Kazakhstan) et le troisième à Sarajevo (Bosnie)…

La Fédération française a tout de même dû anticiper ce format nouveau, qui modifie largement le programme d’une habituelle grande compétition, où chaque équipe choisit un camp de base pour toute la durée du tournoi, y envoyant des tonnes de matériel médical, équipement sportif et autres fournitures administratives.

Dès janvier 2020, avant l’irruption du Covid-19, l’encadrement des Bleus s’était réuni en séminaire pour établir les contours de son programme.

Initialement, il était même envisagé d’établir le camp de base au centre d’entraînement de Clairefontaine pendant toute la compétition, en faisant des aller-retours à l’occasion des rencontres.

Mais un an plus tard, une option différente a été retenue par le staff: un départ pour Munich à la veille du premier match, et l’établissement d’un petit camp de base au bord du lac de Velence à Gardony, à 50 km au sud-ouest de Budapest, entre les deux rencontres du premier tour en Hongrie et quelques jours après la seconde.

Conséquence, les Bleus ne repasseront par la France que dans un seul scénario: en cas de huitième de finale à Londres (2e place du groupe F).

“Le risque est là”

L’agenda provisoire n’a été bouclé que fin avril, car Séville, lieu potentiel d’un huitième de finale des Bleus, n’a été inclus qu’à la dernière minute aux villes organisatrices, à la place de Bilbao…

“Ce n’est pas un Euro habituel, d’abord parce qu’il se déroule dans onze pays et, par-dessus cela, il y a la pandémie qui rend les voyages encore plus difficiles”, a expliqué le président de l’UEFA Aleksander Ceferin à l’AFP.

Pour les Bleus, la menace de la pandémie sera en effet omniprésente. Si le staff a été vacciné, aucune campagne de vaccination des joueurs n’a été organisée, et les nombreux tests anti-Covid réalisés avant chaque déplacement ajouteront une tension supplémentaire à chaque voyage.

Si “même les officiels vaccinés doivent être testés avant chaque match”, comme l’a confirmé Ceferin, la moindre contamination aura d’immenses conséquences sur le programme millimétré des champions du monde.

“Ce sont des situations compliquées à gérer”, a reconnu Deschamps ces derniers jours. “Le risque est là, on n’est pas à l’abri”.