Les Bleues dépassées par les Etats-Unis de Rapinoe, comme au Mondial-2019

La joie de l’attaquante américaine Megan Rapinoe, félicité par ses coéquipières, après avoir ouvert le score sur pénalty face à la France, lors de leur match amical, le 13 avril 2021 au stade Océane au Havre
/ © 2021 AFP

Dépassées et inoffensives, les Bleues ont perdu mardi face aux Etats-Unis de Megan Rapinoe (2-0) l’invincibilité qui les accompagnait depuis le quart de finale du Mondial-2019 déjà perdu face à la Team USA, leur dernière défaite en date.

Toutes les séries, bonnes ou mauvaises, ont certes une fin, mais celle vécue par l’équipe de France de Corinne Diacre s’est achevée dans la brutalité d’une performance ratée dans les grandes largeurs, après seize matches sans revers.

Il ne faut jamais laisser d’espaces aux doubles championnes du monde en titre, toujours gourmandes de victoires malgré leur riche palmarès. Mais au Havre, les Françaises ont multiplié les approximations fatales en défense et au milieu de terrain.

Comme lors du maudit quart du Mondial, où Rapinoe avait mis cinq minutes pour tromper l’arrière-garde tricolore, la Ballon d’Or 2019 a récidivé dans les mêmes délais, sur un penalty parfaitement exécuté devant Pauline Peyraud-Magnin (5e, 1-0).

A 35 ans, l’icône américaine aux cheveux violets a rappelé qu’elle n’était pas investie que dans les combats féministes et anti-racistes, mais également encore sur les terrains de foot. Au soir de sa 175e sélection, la joueuse d’OL Reign a inscrit son septième but en sept matches internationaux disputés en 2021, le quatrième en quatre matches d’affilée (record personnel).

Créditée d’un doublé contre les Françaises au Mondial, elle s’est distinguée mercredi par un but sur hors jeu après un contrôle délicieux (12e), une déviation devant Marion Torrent (38e) et une frappe (48e) arrêtée par la gardienne française.

Peyraud-Magnin restait sur un seul but encaissé en neuf matches, vendredi sur penalty lors de la victoire contre l’Angleterre (3-1). Mercredi, la gardienne de l’Atlético Madrid est allée chercher deux fois le ballon dans ses filets, également battue sur un tir de près d’Alex Morgan (19e, 2-0).

Deux classes d’écart

Le but de la N.13 américaine a résumé les errements défensifs des Françaises, notamment d’Elisa De Almeida. La mauvaise relance de la défenseure centrale montpelliéraine a profité à Christen Press qui a lancé Morgan dans la profondeur, entre Eve Perisset… et De Almeida.

La jeunesse de l’équipe de France, synonyme de joyeuse insouciance vendredi, s’est retournée contre elle mercredi.

Malgré les expérimentées Marion Torrent, Grace Geyoro, Viviane Asseyi et Eugénie Le Sommer, les Bleues affichaient au coup d’envoi une moyenne de 39 sélections par joueuse. Côté Etats-Unis, le compteur grimpait à 117…

La “Team USA” avait remis ses habits du Mondial-2019, avec un “onze” de départ contenant dix titulaires du quart de finale remporté 2-1. Seule Press, entrée en fin de match il y a deux ans au Parc des princes, avait gagné ses galons de titulaire au Havre.

Les Américaines gardaient un mauvais souvenir du port normand, où elles ont enregistré leur dernière défaite en janvier 2019 face aux Bleues. Depuis, elles ont étiré leur invincibilité à 39 matches, en comptant celui de mercredi.

L’équipe de France, récemment qualifiée pour l’Euro-2022, se présentait toutefois au stade Océane sans la quasi-totalité de ses cadres lyonnaises (Wendie Renard, Amel Majri, Delphine Cascarino, Sakina Karchaoui….), touchées par le Covid-19 et absentes du stage d’avril.

Au coup d’envoi, Corinne Diacre avait par ailleurs choisi de laisser sur le banc Kadidiatou Diani et Sandy Baltimore (PSG), pourtant si explosives vendredi contre l’Angleterre, mais qui affrontent l’OL dimanche en quart de finale retour de Ligue des champions.

Titulaire, la star d’attaque du PSG Marie-Antoinette Katoto est la seule Française à s’être montrée dangeureuse, à chaque fois de la tête (22e et 44e). Insuffisant.