L’entraĂ®neur lensois Daniel Leclercq lors de la rĂ©ception du Dynamo Kiev, en Ligue des champions, le 10 dĂ©cembre 1998 au stade Bollaert

Par Nicolas BLASQUEZ / © 2019 AFP

Le RC Lens orphelin de son “Druide”: Daniel Leclercq est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  l’âge de 70 ans, a annoncĂ© vendredi le club artĂ©sien, que le technicien, figure atypique et apĂ´tre du “football panache”, avait menĂ© au titre de champion de France en 1998.

Leclercq, qui avait gagnĂ© ce surnom de “Druide” autant pour ses qualitĂ©s de technicien que pour son physique reconnaissable Ă  sa chevelure blanche Ă©parse, s’est Ă©teint des suites d’une embolie pulmonaire, selon le quotidien La Voix du Nord.

“C’est une partie du RC Lens qui s’en va”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Gervais Martel, ancien prĂ©sident du club. “Il a d’abord Ă©tĂ© un grand joueur, puis comme entraĂ®neur il nous a amenĂ©s au plus haut, c’Ă©tait impensable d’ĂŞtre champion de France. Je ne sais pas si on revivra ça un jour. Il avait une exigence de tous les instants, et cela rassurait les joueurs, mĂŞme si parfois ils le craignaient.”

Homme du Nord, nĂ© Ă  Trith-Saint-LĂ©ger, dans la banlieue de Valenciennes, Leclercq a fait toute sa carrière d’entraĂ®neur dans cette rĂ©gion et dans la Belgique voisine, avec notamment des mandats comme entraĂ®neur de Lens (1997-1999) puis comme directeur sportif du club artĂ©sien (2008-2011) et deux passages au VAFC (1986-1987 puis 2003-2005).

Mythique

Mais avant d’Ă©cumer les bancs de Bauvin, Bavay, Guesnain, Billy-Berclau, la LouviĂ©roise (en Belgique), Arleux-Fechain et enfin Douai (expĂ©rience terminĂ©e en 2017), Leclercq a connu une première carrière de joueur professionnel de bon niveau, en tant que dĂ©fenseur central.

Il a comptabilisĂ© ainsi plus de 350 matches de L1, et a notamment portĂ© les couleurs de l’Olympique de Marseille (1970-1971 puis 1972-1974) mais surtout celles de Lens (1974-1983).

Avec les “Sang et Or”, Leclercq a Ă©crit sa lĂ©gende en 1998 lors d’une saison qui restera mythique pour l’ensemble des habituĂ©s du stade Bollaert.

“C’Ă©tait une idole pour les supporters. Quand on a Ă©tĂ© champion, il Ă©tait fier et si heureux pour eux”, a racontĂ© Martel. “Il me disait souvent: +on a redonnĂ© la fiertĂ© aux gens+ alors que la vie Ă©tait difficile avec les mines qui avaient fermĂ© et beaucoup de gens qui Ă©taient au chĂ´mage. Il faisait partie du patrimoine du RC Lens et du bassin minier.”

“RĂ©volutionnaire”

Cette annĂ©e-lĂ , juste avant le triomphe de l’Ă©quipe de France Ă  domicile lors de la Coupe du monde en 1998, Leclercq arrive Ă  tirer la quintessence de son effectif, avec en figure de proue des joueurs comme Tony Vairelles, Guillaume Warmuz, Jean-Guy Wallemme ou encore FrĂ©dĂ©ric DĂ©hu, Vladimir Smicer et Anto Drobnjak.

“Dans les annĂ©es 1990, on Ă©tait dans un football de rĂ©duction de l’espace, plus tactique. Lui avait l’idĂ©e d’un football panache. Cela a Ă©tĂ© rĂ©volutionnaire”, a racontĂ© Ă  l’AFP l’ex-gardien Guillaume Warmuz. “En janvier 1998, il nous a demandĂ© chacun dans le vestiaire si on voulait ĂŞtre champion de France. Individuellement. Il avait ça au fond de ses tripes.”

Leclercq dĂ©croche le titre de champion, le seul de l’histoire de Lens, au terme d’un mano Ă  mano formidable avec Metz, seulement devancĂ© Ă  la diffĂ©rence de but.

La même saison, le techncien mène ses troupes au Stade de France, pour une finale de Coupe de France perdue contre le Paris SG de Raï.

Mais en 1999, encore au Stade de France, il prend sa revanche en inscrivant une autre ligne au palmarès lensois: il remporte la Coupe de la Ligue, battant Metz en finale (1-0). Le deuxième des deux titres de l’histoire de son cher RC Lens.