Lens et Bollaert-Delelis retrouvent la Ligue 1 avec un goût amer

Supporters de Lens, alors en Ligue 2, lors du match de barrages de la Ligue 1 contre Dijon, au stade Bollaert-Delelis, le 30 mai 2019
/ © 2020 AFP

Lens-Paris SG, il n’y avait pas plus belle affiche pour retrouver la Ligue 1. Mais les Sang et or ne pourront compter que sur le soutien de 5.000 supporters, la faute au contexte sanitaire et à une jauge limitée. De quoi tronquer la fête à Bollaert-Delelis.

Le fidèle public lensois rêvait d’un meilleur retour dans l’élite avec une ambiance incandescente au stade Bollaert-Delelis, digne de la plus grande époque… Las, tête basse, mine renfrognée, ils font les frais de la pandémie de Covid-19.

“C’est une déception pour tout le monde”, confirme à l’AFP Pierre Revillon, porte-parole des Red Tigers, principal groupe d’ultras artésiens.

Son voisin en tribune, Loïc Willer, président des North Devils, poursuit: “C’est une grosse frustration de retrouver la Ligue 1 avec un stade de 5.000 personnes. C’est un crève-coeur. On dirait qu’on a une malédiction dès qu’on revient en Ligue 1. On a joué à Amiens en 2014-2015 (Bollaert était en travaux en vue de l’Euro-2016, ndlr), maintenant on a ça. C’est une tristesse de voir le stade ainsi. Ce n’est pas Bollaert-Delelis.”

“Ça change l’ambiance, c’est évident”, a de son côté souligné l’entraîneur Franck Haise, mardi en conférence de presse.

Le RC Lens espérait une dérogation. La Préfecture du Pas-de-Calais la lui a refusée. “On espère que la jauge va progresser dans les semaines qui viennent”, veut croire le technicien lensois.

“A fond derrière nous”

En attendant, le club a dû penser à la moins mauvaise solution, afin de récompenser ses fans les plus fidèles. Mais comment choisir entre 21.000 abonnés ? “Le club donnera la priorité à la tribune ayant le taux de réabonnements le plus important et proposera donc aux abonnés de la tribune Marek d’assister à cette rencontre”, indique-t-il.

Un roulement s’opèrera pour les prochaines réceptions. Après la Marek, poumon de Bollaert où les supporters chantent debout, les trois autres tribunes auront aussi le droit à leur match.

“Certes, nous serons remboursés des matchs auxquels nous ne pourrons pas assister. Mais cela m’embête, car des personnes ont pris leur abonnement pour voir certains clubs”, fait remarquer à l’AFP Dominique Leroux, président du groupe Cap’tain Siko. Lui pense “s’abstenir” pour Paris.

Réinvestir leur temple ou pas ? Tous les inconditionnels Sang et Or s’interrogent. “Je suis en pleine réflexion, confirme Loïc Willer. J’ai du mal à concevoir d’être assis en tribune, ne pas être actif.”

Dans leur ensemble, les sections ont fait savoir qu’elles n’iraient pas comme association. “Les Red Tigers ne seront pas présents, mais libre à chacun d’y aller à titre individuel, précise Pierre Revillon. Chacun vivra le match comme il le souhaite.”

Sur le terrain, les joueurs prendront à coeur le moindre encouragement. “Les 5.000 personnes qui seront là seront à fond derrière nous et on en aura besoin. On aurait aimé que ce soit plein mais on sait qu’ils donneront le maximum pour nous pousser”, prédit le gardien Jean-Louis Leca.

“Avoir 5.000 personnes c’est évidemment mieux que de jouer à huis clos”, abonde son coach, qui espère, comme tout le peuple artésien, pouvoir regoûter rapidement à une enceinte pleine, bruyante et festive. “On n’attend que ça et on lâchera les chevaux”, promet Loïc Willer.