La FFF fait ses comptes après une année agitée

Noël Le Graet, président de la Fédération française de football, le 8 mars 2021 à Paris
Par Antoine MAIGNAN / © 2021 AFP

Sonnée par l’échec des Bleus à l’Euro, la pandémie de Covid-19 et un plan social critiqué en interne, la Fédération française de football (FFF) réunit samedi son Assemblée générale, où seront présentés des résultats financiers moins inquiétants que prévu.

Les quelques 200 délégués de l’Assemblée fédérale, issus du monde amateur et professionnel, ont rendez-vous dès 09h00 dans un hôtel de l’est parisien pour clôturer une année 2021 plutôt agitée dans les instances, et marquée par la réélection du président Noël Le Graët en mars.

Le dirigeant breton (79 ans), en poste depuis 2011, espère refermer définitivement la page Covid, bien que l’irruption du variant Omicron l’incite à la prudence.

En attendant d’ouvrir l’année 2022, celle du Mondial au Qatar, il présentera les comptes de l’exercice 2020-2021, fortement impacté par les huis clos sanitaires mais moins alarmant que redouté.

“On est sur des pertes un peu moins importantes qu’imaginé. Il y a moins de recettes, mais aussi moins de dépenses”, soulignait-il la semaine passée dans un entretien à l’AFP.

Ainsi, malgré un résultat d’exploitation de

3,1 M EUR, déficitaire pour la première fois depuis sept ans, le résultat net a été ramené à un déficit de 200.000 euros, en tenant compte des résultats des équipes de France, selon les chiffres présentés lors du Comité exécutif de mi-octobre.

Un plan social devant le tribunal

Sur l’exercice en cours, en revanche, “on est presque sûr d’être positif”, promet déjà Le Graët, satisfait des revenus générés par les Bleus, qui ont retrouvé des stades pleins à la rentrée. “On a eu des recettes importantes à Lyon, Strasbourg, au Parc des Princes, et des sponsors qui sont contents d’être avec nous. Certains ont prolongé, les autres sont fidèles”, explique le président de la “3F”.

Sans l’élimination précoce de l’équipe de France en huitième de finale de l’Euro

la Fédération aurait gagné environ 15 M EUR de plus en cas de sacre

-, le bilan serait même beaucoup plus reluisant pour l’instance.

Celle-ci reste néanmoins fragilisée par des tensions internes: plusieurs directeurs ont quitté la FFF au printemps et un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) visant à supprimer une vingtaine de postes a été lancé durant l’été, suscitant les critiques du comité social et économique (CSE).

Le tribunal administration de Paris leur a donné raison vendredi, pour une question de vice de forme. L’instance a estimé que la directrice générale de la FFF, Florence Hardouin, n’avait pas la compétence pour signer l’accord collectif qui fixait les modalités du PSE. Celle-ci a donc annulé la validation du PSE.

Euro-2025, droits TV, Stade de France…

“On appliquera” la décision, a prévenu Le Graët avant celle-ci, concédant, au sujet du PSE, qu’il n’était “pas facile de prendre des décisions de ce genre-là” mais que “c’était le moment de le faire”.

L’Assemblée fédérale de samedi sera aussi l’occasion pour Le Graët d’évoquer les chantiers qui l’attendent dans les prochains mois.

Le contrat avec le Stade de France, expirant en 2024 mais qu’il “ne resignera pas dans les mêmes conditions”, en est un.

L’appel d’offres pour les droits audiovisuels des Bleus sur la période 2022-2028, infructueux jusqu’à présent, en est un autre, comme le dossier de candidature de la France à l’organisation de l’Euro féminin en 2025.

Quant à son avenir personnel, Noël Le Graët semble toujours l’imaginer dans les couloirs du boulevard de Grenelle, siège de la Fédération.

Alors qu’il évoquait ces derniers mois l’hypothèse de laisser la main à mi-mandat, il assure avoir “un bon moral et une bonne santé”. “Pour le moment, je me plais bien à ce poste”, glisse-t-il. Avant de plaisanter: “Au classement Fifa, je suis bien remonté, comme l’équipe de France.”