La Chine refuse de commenter la rupture Griezmann-Huawei

Antoine Griezmann le 11 octobre 2019 à Reykjavik et le logo de la compagnie de téléphonie chinoise Huawei à la date du 14 juillet 2020.
/ © 2020 AFP

La Chine a refusé vendredi de commenter la décision du footballeur Antoine Griezmann de rompre son partenariat avec le géant chinois des smartphones Huawei, soupçonné de participer au ciblage ethnique de la minorité musulmane ouïghoure.

“Toute entité indépendante a le droit de collaborer avec qui elle l’entend. C’est leur affaire”, a souligné Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point presse.

Les Ouïghours constituent près de la moitié de la population du Xinjiang (nord-ouest), une vaste région chinoise peuplée de 25 millions d’habitants et frontalière du Kazakhstan, du Pakistan ou encore de l’Afghanistan.

La Chine a longtemps été frappée par des attentats attribués à des séparatistes et des islamistes ouïghours. Elle impose désormais une surveillance policière drastique avec d’innombrables caméras de surveillance.

Huawei a été accusé mardi par le cabinet de recherche américain IPVM d’avoir été impliqué dans des tests d’un logiciel de reconnaissance faciale permettant de repérer spécifiquement des personnes d’apparence ouïghoure.

Le géant privé des télécoms a fermement démenti ces accusations, mais n’a pas réussi à convaincre Antoine Griezmann, ambassadeur de la marque depuis 2017.

“Suite aux forts soupçons selon lesquels l’entreprise Huawei aurait contribué au développement d’une +alerte Ouïghour+ grâce à un logiciel de reconnaissance faciale, j’annonce que je mets un terme immédiat à mon partenariat me liant à cette société”, a-t-il écrit sur Instagram.

Selon des experts étrangers, au moins un million de Ouïghours sont ou ont été internés ces dernières années dans des camps de rééducation politique.

Pékin affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle destinés à éloigner les habitants de la tentation de l’extrémisme religieux et du terrorisme.

Les médias chinois, soumis aux directives des services de propagande, sont restés vendredi quasiment muets sur l’affaire.

Mais sur le réseau social Weibo (équivalent en Chine de Twitter), les commentaires étaient très globalement négatifs vis-à-vis de Griezmann.

“C’est un mauvais footeux qui se prend pour une star”, écrivait un utilisateur, qui accuse l’attaquant des Bleus de “soutenir indirectement le terrorisme” avec sa décision.

“Griezmann sait-il au moins placer le Xinjiang sur une carte?”, réagissait un autre, condamnant “ces sportifs qui s’immiscent dans la politique mais n’y comprennent rien”.

Un autre commentateur était plus philosophe: “C’est très bien pour Huawei! Ils vont pouvoir économiser de l’argent.”