L2: double échec douloureux pour Landreau à Lorient

L’entraîneur de Lorient Michaël Landreau lors du déplacement à Toulouse le 31 octobre 2018
/ © 2019 AFP

Deux ans après sa relégation en Ligue 2, Lorient a encore une fois raté l’accession aux playoffs pour jouer les barrages, un échec qui complique la position de Mickaël Landreau sur le banc pour sa première expérience de coach.

Malgré son succès spectaculaire (3-2) vendredi soir au Havre, qui n’avait plus rien à espérer, les Merlus échouent au 6e rang avec 63 points, largement devancés à la différence de but par Lens (+21 contre +10), qui ira donc défier mardi le Paris FC (4e avec 65 point).

Le vainqueur se rendra ensuite le vendredi suivant à Troyes, brillant 3e avec 71 points, invaincu depuis 14 matches (11 victoires, 3 nuls) pour lui disputer le droit d’affronter le 18e de Ligue 1 dont l’identité reste encore à déterminer.

Landreau pourra toujours avancer qu’il termine une place plus haut que l’an passé (7e), mais les progrès ne sont flagrants ni statistiquement ni, pire encore, dans le jeu non plus.

Après la terrible saison 2016/2017 qui avait vu Lorient terminer 18e de Ligue 1 en raison d’une égalisation improbable de Caen dans le temps additionnel au Parc des Princes lors de la dernière journée, et perdre ensuite le premier barrage L1/L2 face à Troyes (0-0, 2-1), le président Loïc Féry avait fait un pari pour lancer une nouvelle dynamique.

Dans un club qui ne s’était jamais vraiment remis du départ de l’emblématique Christian Gourcuff à l’été 2014, il était allé chercher l’ex-gardien de but international Mickaël Landreau.

Détenteur du record de matches de L1 disputés (618) avec Nantes, le Paris SG, Lille ou Bastia, Landreau devait “apporter son exigence, son expérience du très haut niveau, ses qualités de leader”, avait annoncé Loïc Féry, le président des Merlus, à son arrivée.

“On a un vrai projet de jeu. Il est important qu’il y ait une adéquation entre l’entraîneur, la direction sportive, le centre de formation et ce projet de jeu”, avait-il poursuivi.

Deux saisons similaires

Prendre un joueur biberonné au “jeu à la nantaise” semblait une idée des plus cohérentes dans cette optique.

Malheureusement, deux ans après, si Lorient est capable de produire du beau jeu et montre une efficacité intéressante sur attaques placées, son irrégularité a été absolument rédhibitoire pour espérer une remontée rapide dans un championnat aussi serré que la Ligue 2.

Les scénarios relativement similaires des deux saisons interpellent.

Des départs en boulet de canon avec respectivement 17 points sur les 7 premières et 18 points en 8 journées, et une fin de phase aller compliquée.

La machine tango est repartie ensuite en début de phase retour avant de craquer dans le sprint final.

Dans ces conditions, un contrat de trois ans, plus une année supplémentaire automatique en cas de montée, protègera-t-il Landreau qui a tout de même eu des effectifs largement au niveau pour remplir son objectif ?

Sa gestion de l’effectiftoujours compliquée, même pour un entraîneur chevronnéa parfois interrogé.

On peut par exemple citer le “cas” Matteo Guendouzi, qui avait boudé une bonne partie de l’année dernière pour obtenir son transfert à Arsenal, ou le choix de laisser Lindsay Rose partir cet hiver en Grèce dans un secteur défensif peu étoffé et qui s’est finalement révélé le talon d’Achille lorientais dans le “money time”.

La question de son maintien risque donc bel et bien de se poser, d’autant que le budget de Lorient, passé déjà de 18 millions d’euros la première saison à 12 la seconde, pourrait encore connaître un petit coup de rabot pour l’an prochain.