L1: un dernier derby avant longtemps si Rennes coule Nantes ?

L’attaquant malien du FC Nantes, Kalifa Coulibaly, après une occasion manquée, à côté du milieu de terrain rennais, Steven Nzonzi, lors de leur match de L1, le 6 janvier 2021 au stade de La Beaujoire à Nantes
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Et si c’était le dernier avant longtemps ? Pour leur 80e derby contre Nantes dans l’élite, les Rennais, relancés dans la course à l’Europe, ont l’occasion dimanche (13h) d’enfoncer leurs rivaux vers la Ligue 2, au risque de se priver d’une source intarissable d’émotions fortes.

Certes, leur dernière confrontation début janvier et son morne 0-0 dans un stade de la Beaujoire glacial ne restera pas dans les annales.

Mais Rennais comme Nantais fourmillent de souvenirs marquants des précédentes. Et pas besoin de remonter bien loin: en janvier 2020, Rennes, mené 2-1, l’avait emporté sur le fil grâce à deux buts inscrits à la 94e et à la 97e minutes dans un Roazhon Park en ébullition.

“Qui dit derby dit émotion. Très souvent, il se passe des choses qu’on ne voit pas dans d’autres matches”, assure l’entraîneur rennais, Bruno Genesio. L’ancien Lyonnais garde lui un souvenir impérissable d’une victoire 5-0 de ses Gones dans un stade Geoffroy-Guichard abandonné par ses supporters en novembre 2017 à Saint-Etienne.

L’entraîneur arrivé il y a un mois à Rennes est déjà bien au fait de la rivalité historique avec le voisin nantais. Une rivalité qu’Antoine Kombouaré a vécue quand il était jeune joueur à Nantes (1983-1990). Revenu il y a deux mois comme entraîneur des Canaris, il a oublié les matches et les scores, mais pas l’ambiance.

“L’odeur des galettes-saucisses”

“Quand on arrivait au stade à Rennes, l’odeur des galettes-saucisses, c’était impressionnant. Et des gens partout, Rouge et Noir, les fumigènes… A notre arrivée, il y avait les gestes classiques, ça frappait un peu le bus, c’est normal”, se souvient-il.

Certes, l’enjeu s’est un peu étiolé dans les vestiaires maintenant que les joueurs issus des centres de formation y sont moins nombreux. Et surtout, l’équilibre des forces s’est inversé. Désormais, c’est Rennes qui lutte dans le haut du tableau tandis que Nantes est 19e, à quatre points du premier non-relégable.

“C’est la réalité, une réalité économique, financière”, a assuré Kombouaré. “Aujourd’hui Rennes a le 6e budget de Ligue 1. Il est clair que sur cette saison, ils seront devant nous. Mais sur un match, tout est possible. On a l’intention d’aller là-bas pour leur poser des problèmes et surtout ramener un résultat.”

“Eux ils jouent l’Europe. S’ils peuvent nous enfoncer, nous envoyer en Ligue 2, ils ne vont pas se gêner”, a-t-il ajouté.

“Je ne souhaite jamais de mal à personne”, assure pourtant Benjamin Bourigeaud, milieu rennais venu de Lens. “Une descente en Ligue 2, ce n’est pas facile pour un club. Je l’ai vécu, je sais de quoi je parle.” Même si un derby, ça se gagne, quelles que soient les circonstances, prévient-il.

“Des matches nécessaires”

Pour Genesio aussi il s’agit de s’imposer, peu importe qui est en face : le match “sera tout sauf une formalité” mais “il faut valider le point qu’on a pris à Reims en s’imposant dimanche”, insiste-t-il.

En espérant que Nantes trouve ailleurs les points nécessaires à son maintien, afin de garantir d’autres derbies la saison prochaine.

A Rennes comme à Lyon, les derbies génèrent “toute une sorte de folklore et c’est aussi pour ça qu’on fait ce métier, pour vivre ce genre de matches”, explique Genesio. Ce sont des matches intéressants à jouer, à regarder, à couvrir, et en cela “ce sont des matches nécessaires à la Ligue 1”.

Finalement, les plus durs restent les supporters nantais, pour certains tellement lassés de la présidence de Waldemar Kita qu’ils souhaitent la relégation dans l’espoir de déclencher une vente et une refonte du club.

Un visuel créé par un supporter nantais circulant sur les réseaux sociaux montre ainsi une Faucheuse au maillot rennais prête à refermer un cercueil gris sur un Kita incrédule.