L1: Tuchel et Paris, de la gifle Manchester à l’épopée de Lisbonne

L’entraîneur du PSG Thomas Tuchel (d) avec son joueur star Neymar lors du match de Ligue des champions contre Naples, le 24 octobre 2018 au Parc des Princes
/ © 2020 AFP

En deux ans et demi à Paris, Thomas Tuchel, dont le licenciement a été annoncé par plusieurs médias, aura connu des moments de joie intense, décrochant la première finale de Ligue des champions de l’histoire du PSG à Lisbonne.

Mais aussi des revers retentissants, comme le “come-back” subi contre Manchester United en 2019.

A sa nomination, l’élu de Doha

Accueilli à l’été 2018 avec scepticisme en raison de son maigre palmarès avec Dortmund (Coupe d’Allemagne en 2017) et de son inexpérience avec les mégastars, l’Allemand est présenté comme un choix direct de l’actionnaire qatarien.

Rapidement, il imprime sa patte par sa personnalité forte et son football très offensif, développant une gestion habile de l’exigeant vestiaire parisien, entre “happy management” (jours de vacances supplémentaires et signes d’affection réguliers) et sanctions en cas d’impairs.

Surtout, “TT” fait de l’équipe parisienne une incroyable machine à gagner et à broyer ses adversaires: Monaco en fait les frais début août 2018, laminé 4-0 au Trophée des champions, prélude à une série record de 14 victoires consécutives en Ligue 1.

Liverpool, première réussite

Mal engagé dans un “groupe de la mort” en phase de poules de Ligue des champions à l’automne 2018, le Paris SG de Tuchel s’en sort avec la manière: Neymar et consorts battent 2-1 Liverpool, futur vainqueur de l’épreuve, avant de s’assurer la première place de leur groupe où figurait aussi le Naples de Carlo Ancelotti, un de ses prédécesseurs à Paris.

Les commentaires, élogieux pour le technicien allemand, laissent entendre qu’avec Tuchel, le PSG a peut-être soigné son mental friable qui l’a conduit à une élimination retentissante, un an plus tôt, lors de la fameuse “remontada” subie en huitième de finale de C1 à Barcelone (4-0, 1-6).

Manchester United, la flétrissure

Trois mois plus tard, pataras: le PSG retombe dans ses travers, à nouveau en huitièmes, contre Manchester United. Vainqueur 2-0 à l’aller, le club de la capitale subit un incroyable “come-back” des “Red Devils” au match retour au Parc des Princes: défaite 3-1 et élimination sur un penalty tardif de Marcus Rashford.

Tuchel a eu beau évoquer la thèse de “l’accident” après cet invraisemblable couac qui déclenche la colère des supporters ultras, le Souabe est pointé comme l’un des responsables du fiasco. Dans la foulée, le PSG, ébranlé, vit une morne fin de saison, marquée par la défaite en finale de Coupe de France contre Rennes (2-2 a.p., 6 t.a.b. à 5).

C’est finalement le directeur sportif Antero Henrique qui prendra la porte en juin 2019, alors que Tuchel voit son bail prolongé jusqu’en 2021

“Je veux rester longtemps, je veux grandir et avoir du succès avec le club, c’est mon but. C’est absolument clair”, lance-t-il.

Lisbonne, l’épopée historique

Alors qu’il n’avait gagné que deux trophées lors de sa première saison (Ligue 1 et Trophée des champions), son second exercice confirme une amélioration des résultats, avec un quadruplé national remporté malgré un calendrier perturbé par le coronavirus.

Mais son chef d’oeuvre parisien intervient en Ligue des champions, le grand objectif des propriétaires qatariens: son PSG franchit les huitièmes contre Dortmund (2-0) malgré une défaite à l’aller (2-1) et se qualifie pour les quarts, reprogrammés sous forme d’un tournoi final à Lisbonne après l’interruption des compétition au printemps pour cause de pandémie.

Le succès renversant en quart contre l’Atalanta Bergame (2-1) valide ses remplacements payants. La demie contre le RB Leipzig (3-0) met en valeur sa maîtrise tactique. Et le Bayern était tout simplement trop fort (défaite 1-0) lors de la finale, la première de l’histoire du PSG en Ligue des champions.

“La vérité, je pense, c’est qu’il réalise la meilleure saison de l’histoire du club”, résume son attaquant Kylian Mbappé.

Le mercato, pierre d’achoppement

Mais Tuchel s’agace régulièrement du manque de gratitude de sa direction, une tension qui se cristallise lors des mercatos, comme en janvier 2019 ou à l’automne 2020.

En octobre dernier, l’Allemand critique l’affaiblissement de l’effectif après des départs qu’il estime non remplacés. Il est aussitôt recadré publiquement par le directeur sportif Leonardo.

“Le club n’a pas aimé, moi je n’ai pas aimé”, répond “Leo”. “Si quelqu’un n’est pas content, s’il décide de rester, il doit respecter soit la politique sportive, soit les règles internes.”

L’incident semblait clos, mais de nouvelles déclarations de Tuchel ont suivi ces dernières heures: dans un entretien à la télévision allemande, “TT” regrettait le manque de “reconnaissance”. Des propos qui ont sans doute scellé le sort de Thomas Tuchel au PSG qui s’enferme dans le silence.