L1: Troyes veut s’inscrire dans la durée avec le City Football Group

L’entraîneur de Troyes, Laurent Batlles, lors d’un match de Ligue 2 à domicile contre Dunkerque, le 8 mai 2021
/ © 2021 AFP

Une nouvelle ère commence à Troyes, de retour en Ligue 1 où l’Estac compte se stabiliser avec à sa tête un puissant actionnaire majoritaire, City Football Group, propriétaire de dix clubs dont Manchester City.

Le rachat du club aubois par CFG il y a moins d’un an (le 3 septembre 2020), a débuté en douceur avec peu de changements visibles lors des premiers mois de vie commune et une transition sans grands bouleversements, permettant à l’équipe de Laurent Batlles de poursuivre sereinement son prometteur début de saison.

L’union entre le groupe d’investissements émirati et la formation troyenne a même été marquée par le titre de champion de France de Ligue 2. Un beau cadeau, inattendu, dans la corbeille des jeunes mariés.

L’Estac est le dixième club acheté par la holding CFG, qui s’implante ainsi pour la première fois en France, avec ses réseaux, son expertise et ses compétences.

L’organigramme est désormais en place et opérationnel. Le Britannique Simon Cliff, nommé président, mais retenu à Manchester, a délégué ses pouvoirs à un jeune président exécutif, également directeur général du club, Aymeric Magne. Le secteur sportif a été confié à François Vitali, qui a précédemment officié à Lille (L1) et Erick Mombaerts a été placé à la formation.

La direction du club a marqué sa volonté de bâtir un effectif cohérent et solide, “pour inscrire de manière pérenne l’Estac dans l’élite”, a expliqué Aymeric Magne.

Cadres prolongés, recrues prometteuses

Les principaux cadres, les acteurs de la remontée en L1, ont été fidélisés. Florian Tardieu, Jimmy Giraudon, Yoann Salmier et le gardien Gauthier Gallon ont vu leurs contrats prolongés (2024) et revalorisés. Un signal fort, alors que l’Estac a souvent été dans l’obligation par le passé de se séparer de ses meilleurs espoirs pour tenir ses engagements financiers.

Cette fois, Batlles peut construire à partir d’un socle choisi. La deuxième priorité a été de se renforcer, sans devoir miser sur des prêts de dernière minute pour compléter le groupe. Troyes a avancé ses premiers pions et marqué les esprits en attirant Renaud Ripart. Le polyvalent attaquant nîmois (28 ans, 11 buts la saison passée), était très demandé depuis la descente des Crocos en Ligue 2. Mais c’est à Troyes qu’il a choisi de rebondir. “Pour le projet sportif”, a-t-il souligné, sans écarter la question salariale. “Il y a peut-être plus de moyens ici qu’ailleurs…”.

C’est là encore le sceau de l’Estac version City Group, qui dispose d’une confortable surface financière et d’une marge de manoeuvre jamais vue dans le club. Suffisamment pour être en mesure de proposer de bons contrats et jouer un rôle sur le marché des transferts.

Avant l’arrivée du jeune Brésilien Metinho (18 ans, Fluminense) pour 5 millions d’euros, Ripart avait été le plus gros achat de l’histoire du club, avec 3,3 millions d’euros. En attendant “six ou sept” nouvelles arrivées, espère le coach troyen, l’Estac a également recruté un deuxième gardien expérimenté, Jessy Moulin, qui arrive de Saint-Etienne.

Le projet de City Group s’articule aussi autour du développement de jeunes talents internationaux. Après le Bulgare Krastev l’an passé et outre Metinho, sont arrivés l’Ukrainien Mykola Kukharevitch (18 ans) ou le Burkinabé Issa Kaboré (20 ans), prêté par Manchester City.