L1: tiens, revoilà Payet

Le milieu de Marseille, Dimitri Payet, lors du match de Ligue 1 à domicile contre Rennes, le 10 mars 2021
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Épanoui dans le système de Jorge Sampaoli et affûté physiquement comme il ne l’avait jamais été cette saison, Dimitri Payet est redevenu l’atout offensif N.1 de l’OM, lancé en plein sprint pour la qualification européenne et qui voudra confirmer sa bonne dynamique actuelle vendredi contre Strasbourg au Vélodrome.

Lirola s’éclate à droite, Milik se régale en pointe, mais celui qui revit vraiment depuis l’arrivée de Sampaoli, c’est bien Payet. En sept matches disputés avec le technicien argentin, le N.10 de l’OM a en effet signé trois buts et six passes décisives.

Depuis 15 jours, le bilan est particulièrement impressionnant avec deux passes décisives face à Dijon (2-0), une autre contre Montpellier (3-3), puis un but d’une volée somptueuse contre Lorient (3-2) et un match extrêmement abouti à Reims, où il a marqué un doublé et offert un caviar à Milik (3-1).

“Du grand Payet ? Disons que j’ai été efficace et c’est ce qu’on me demande. Depuis quelques semaines, j’ai de bonnes sensations dans le jeu et devant le but. C’est bien pour moi et pour l’équipe”, a-t-il sobrement expliqué après la victoire marseillaise en Champagne.

Dans la foulée, le Réunionnais avait salué l’apport de son nouveau coach dans la bonne série actuelle des Marseillais. “On a pris confiance, il y a du jeu, des buts. Il est arrivé à nous libérer.”

Quelques instants plus tard, l’ancien sélectionneur de l’Argentine lui répondait en décrivant un joueur “heureux sur le terrain”, évoluant “avec plus d’intensité et de vitesse”. “Il faut qu’il profite de ce moment”, ajoutait alors Sampaoli.

“Il était gros”

Car l’Argentin n’est pas né de la dernière pluie et il sait que la continuité n’est pas la première qualité de Payet, dont la courbe de performances épouse souvent celle de ses relations avec ses coaches.

“Le plus dur est de maintenir un rendement dans le temps. Cette irrégularité dont vous parlez existe quand on analyse sa carrière”, a ainsi précisé Sampaoli jeudi en conférence de presse. “On doit comprendre le pourquoi de cette situation et lui donner les outils pour que ça ne se reproduise plus et qu’il soit complètement concentré sur le jeu. Le football doit être sa motivation, sa priorité.”

Mais le technicien argentin a tout de même également souligné que Payet était “de plus en plus en forme, mentale notamment”, qu’il était “enthousiaste” et qu’il avait “assimilé la façon dont on veut jouer”.

“On connait sa qualité. S’il est très performant en ce moment, ça n’est pas le hasard. Il travaille beaucoup et il y a la dynamique de l’équipe qui lui permet d’être performant”, a de son côté estimé Valentin Rongier.

Mais le Payet efficace et décisif du printemps est aussi assez éloigné physiquement de celui qu’André Villas-Boas laissait parfois à l’automne sur le banc au coup d’envoi, mécontent de ses performances et, même s’il ne le disait pas ouvertement, de sa silhouette.

“Comme il dit lui-même, aujourd’hui il est mince, avant il était gros”, a résumé Alvaro Gonzalez, à moitié hilare, après le match à Reims. La formulation du défenseur espagnol renvoie à une interview accordé par Payet à L’Équipe, dans laquelle l’ancien Stéphanois déclarait: “Quand je marque, je maigris”.

Aujourd’hui, la proposition est inversée. Amaigri, Payet marque. Et avec ses buts, l’OM continue à croire à la 5e place et à l’Europe.