L1: Sampaoli réveille l’OM

Le nouvel entraîneur de Marseille, l’Argentin Jorge Sampaoli, lors du match de Ligue 1 contre le Stade Rennais, au Vélodrome, le 10 mars 2021
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Jorge Sampaoli a réussi ses débuts, Bruno Genesio moins: Grâce à un but tardif de Cuisance, l’OM a battu Rennes 1-0 mercredi au stade Vélodrome en match en retard de la 22e journée et son nouvel entraîneur argentin a posé quelques bases de son opération de régénération du grand malade olympien.

Entre deux équipes qui ne savaient plus depuis longtemps comment on gagne en L1, le duel a longtemps semblé devoir se finir sur un 0-0 logique. Mais les changements de Sampaoli ont payé à la 88e minute, avec un but de la tête du remplaçant Cuisance, un joueur oublié depuis de semaines, sur un centre de Luis Henrique, lancé par Benedetto, eux aussi entrés en jeu en deuxième période.

Ce succès permet à Marseille de remonter à la 6e place, avec l’espoir de décrocher une qualification pour la “petite” Europe et de sauver ce qui reste à sauver de sa saison catastrophe. Il confirme aussi que Sampaoli a peut-être les moyens de redonner un peu de vie et de fierté à l’OM, au plus bas après son élimination dimanche en Coupe de France contre les amateurs de Canet-en-Roussillon.

Bien sûr, l’ancien sélectionneur du Chili et de l’Argentine ne pouvait pas tout redresser en trois jours, un décrassage, un entraînement et un réveil musculaire. Mais le technicien argentin a tout de même pris quelques initiatives, en bâtissant une défense à trois commandée par Balerdi et en installant Thauvin dans le coeur du jeu, plus relayeur qu’ailier, et Payet tout près de son avant-centre Milik.

Lion en cage

Avec ce 3-4-1-1, l’OM a joué plus haut et plus vite que ces dernières semaines, ce qui est un exploit relatif, et on a revu des milieux de terrain faire des appels dans la profondeur et ne pas craindre de s’approcher de la surface adverse.

L’organisation nouvelle a aussi permis de trouver des positions intéressantes, notamment à droite avec Thauvin et Lirola, souvent bien décalés par Payet. Mais il n’y a pas eu pour autant d’avalanche d’occasions, avec pour seuls moments forts, une belle volée du droit de Milik (34e) et un penalty sifflé puis annulé (4e) après consultation de la vidéo, Nyamsi ayant touché le ballon du dos et non du bras.

Pendant que la vérification vidéo s’éternisait, on a alors pu voir avec quelle intensité Sampaoli vivait le match, tournant dans sa zone technique comme un lion dans sa cage.

En face, les choix plus classiques de Genesio n’ont pas non plus provoqué d’électrochoc majeur au sein du Stade Rennais, qui célébrait mercredi ces 120 ans et portait un maillot commémoratif pour l’occasion. Steve Mandanda fêtait lui ses 450 matches en Ligue 1 et jusqu’à la 50e minute et une frappe de Camavinga, il a eu très peu à faire.

Révolution en marche

Le gardien marseillais a tout de même tremblé à la 75e minute, quand Terrier a frappé fort sur sa barre après un une-deux avec Guirassy. Côté marseillais, la deuxième période a été assez creuse, avec comme points positifs l’activité constante de Kamara et quelques étincelles de Thauvin, dont une frappe non cadrée à la 55e minute.

Mais la grande confusion qui a régné pendant quelques minutes après l’entrée de Luis Henrique, quand plus personne à gauche ne savait ce qu’il devait faire, a montré que Sampaoli avait bien sûr encore besoin de temps pour réellement mettre la main sur sa nouvelle équipe.

Mais l’OM a gagné et on se souviendra que ce match aurait dû se jouer le 30 janvier, avec André Villas-Boas et Julien Stephan sur les bancs et Jacques-Henri Eyraud comme président de l’OM. Quelques heures avant le coup d’envoi prévu, la Commanderie avait été attaquée. Depuis, six semaines sont passées et l’OM a vécu des révolutions de partout. Celle de Sampaoli est en marche et elle débute avec trois points.