L1: Saint-Etienne navigue à vue

Les supporters de Saint-Etienne en colère, lors du match contre Rennes, le 5 décembre 2021 au stade Geoffroy-Guichard
Par Francois-Jean TIXIER / © 2021 AFP

Après la mise à l’écart dimanche de son manager général, Claude Puel, Saint-Etienne, dernier de la Ligue 1 avant son déplacement à Reims samedi (21h00), demeure dans le flou pour la suite de la saison entre désignation d’un nouveau technicien et vente du club toujours en attente.

Seule certitude chez les Verts, dans un club totalement instable: il n’y a pas de moyens financiers, ni pour recruter au mercato, ni pour pour engager un entraîneur renommé.

Sablé pour l’intérim

Pour l’heure, c’est Julien Sablé (41 ans), deuxième adjoint de Puel, qui sera sur le banc à Reims, premier match après la déroute à domicile contre Rennes (0-5) ayant provoqué l’éviction de Puel.

Ancien milieu et capitaine de l’ASSE (1998-2007), Sablé a déjà eu l’occasion d’assurer la fonction. Il avait été nommé en novembre 2017 pour remplacer l’Espagnol Oscar Garcia qui avait démissionné et officie aujourd’hui sur le banc rémois.

Son bilan avait été catastrophique: deux résultats nuls et quatre défaites, avec un effectif décimé par les blessures.

Il caresse pourtant le rêve d’endosser le costume durablement et espère qu’une victoire à Reims incitera les nombreux décisionnaires à prolonger son intérim, au moins jusqu’à la trêve, pour faire ses preuves.

“Je me sens légitime pour être à cette place. Mon avenir est d’être entraîneur numéro un, c’est ce qui m’anime au quotidien”, a-t-il dit jeudi en conférence de presse.

Il a déjà pris la décision forte de nommer Wahbi Khazri capitaine au détriment de Mahdi Camara aux performances insuffisantes pour ce rôle.

Actuellement, outre les deux propriétaires, Bernard Caïazzo et Roland Romeyer, ultimes décisionnaires, un triumvirat formé par Jean-François Soucasse, président exécutif, Loïc Perrin, nommé coordinateur sportif lundi, et Samuel Rumsten, directeur général chargé des activités sportives, se partagent les prérogatives de Puel.

Improvisation

En attendant de décanter la situation juridique de ce dernier, ils se démènent pour trouver un nouvel entraîneur dans l’improvisation: la mise à l’écart de Puel était envisagée depuis un mois et aucun plan B n’est prêt.

Après que le club a essuyé le refus de David Guion, ancien entraîneur de Reims, deux hommes semblent se détacher mais leur profil n’a pas de quoi rassurer les supporters.

Pascal Dupraz (59 ans) a été remercié en mars dernier par Caen alors que le club normand était 14e en Ligue 2 et n’avait gagné qu’un match entre décembre 2020 et son licenciement.

Il a pour lui le sauvetage miraculeux, en L1, en mai 2016 de Toulouse dont il a été débarqué en janvier 2018 alors que le TFC était avant-dernier.

Moteur de l’ascension d’Evian-Thonon-Gaillard qu’il a mené lui-même en tant qu’entraîneur de la division d’Honneur au National puis comme directeur sportif, Dupraz, revenu sur le banc en Ligue 1, n’avait pu empêcher la relégation, en 2015 avant d’être licencié, victime aussi d’une crise de gouvernance.

De son côté, Frédéric Hantz (55 ans), autre technicien fortement envisagé, vient de terminer un contrat à Al-Khor, un club qatari.

S’il a réussi au Mans (2004-2007) et à Bastia (2010-2014) avec deux accessions en Ligue 1, il n’a pu éviter les descentes du Havre (2009) ou de Metz (2018) et a été limogé à Sochaux (2007) et Montpellier (2017), faute de résultats.

Par ailleurs, l’un ou l’autre devront se contenter d’un salaire minimum avec une grosse prime de maintien, mais aussi de venir sans adjoint et en bénéficiant d’un recrutement minimal cet hiver avec deux recrues envisagées pour compenser le départ de cinq à six titulaires à la Coupe d’Afrique des nations dont le meilleur buteur, le Tunisien Khazri.

Le départ de Puel a sans doute apaisé les tensions très momentanément mais les ultras maintiennent la pression sur les deux actionnaires pour qu’ils cèdent au plus vite un club à la dérive.