L1: Saint-Etienne, l’Europe avec ou sans Gasset

L’entraîneur de Saint-Etienne Jean-Louis Gasset lors du déplacement à Reims le 21 avril 2019
Par Francois-Jean TIXIER / © 2019 AFP

De retour en Ligue Europa après deux ans d’absence, Saint-Etienne devra vite lever l’incertitude sur l’avenir de son entraîneur Jean-Louis Gasset afin de préparer la saison prochaine.

“Je ne sais pas encore si je serai entraîneur de Saint-Etienne. Avec les présidents, que j’ai vus lundi dernier, on a décidé de se revoir en début de semaine. On a des choses à se dire. Il faut des garanties obligatoirement”, a prévenu Gasset samedi soir.

. Opposition des actionnaires

Pour l’heure, la tendance serait plutôt à un départ du technicien âgé de 65 ans qui pourrait revenir à Montpellier, son club de coeur (mais pas comme entraîneur).

En toile de fond: l’opposition persistante entre les deux actionnaires de l’ASSE, Bernard Caïazzo, président du conseil de surveillance, et Roland Romeyer, président du directoire.

Le premier a été l’artisan de sa nomination comme entraîneur principal en décembre 2017. Le second, qui gère le club au quotidien, a des relations difficiles avec lui, selon les connaisseurs du club.

Au pouvoir depuis 2004, les deux dirigeants ont dans un premier temps laissé la direction opérationnelle du club aux Vincent Tong Cuong, Damien Comolli ou Omar da Fonseca avant de reprendre les clés en 2009 quand les Verts se sont retrouvés au bord de la relégation et de la faillite.

Le mandat de Christophe Galtier, de décembre 2009 au printemps 2017, a amené constance et résultats en même temps qu’un retour sur la scène européenne durant quatre ans (2013-2017).

. Effectif en question

Mais le club a depuis renoué avec sa vieille instabilité: si Jean-Louis Gasset devait partir, son successeur serait le cinquième technicien en deux ans…

Gasset peut activer l’option d’une année de contrat supplémentaire en cas de classement parmi les huit premiers (les Verts sont sûrs de finir 4es).

Mais pour cela, l’entraîneur veut la garantie de disposer d’un effectif suffisant en quantité et en qualité pour mener de front

-et avec des ambitions-

le championnat de France et la Ligue Europa.

“Jouer la coupe d’Europe avec un effectif réduit, c’est difficile. Et à jouer jeudi puis dimanche, on voit des équipes qui manquent leur saison. Si nous parvenons à trouver un accord, on dira +pourquoi pas?+ mais il y a un an, je m’étais déjà posé la question et j’avais hésité”, a prévenu Gasset.

Cet hiver, conscient d’avoir un groupe étriqué pour la seconde moitié de saison, il avait demandé son renforcement sans être entendu.

Tout à l’inverse de ce qui s’était produit au mercato hivernal 2018 quand il s’agissait de sauver l’équipe de la relégation en Ligue 2 après l’épisode rocambolesque de l’arrivée de l’Espagnol Oscar Garcia puis de son remplacement par l’inexpérimenté Julien Sablé, ancien joueur du club.

. Cessions de contrats

Et c’est avec une équipe amputée de plusieurs joueurs blessés ou suspendus que Jean-Louis Gasset termine le championnat.

Le maintien du coach ou son départ aura une influence sur l’avenir de plusieurs joueurs et notamment celui du milieu Yann M’Vila, arrivé à l’ASSE par l’entremise de Gasset, et celui de Rémy Cabella (8 buts cette saison).

Mais dessiner les contours de l’effectif est aussi une question de moyens. Or l’AS Saint-Etienne ne parvient pas à disposer d’un budget supérieur à 75 millions d’euros.

La cession de tout ou partie du capital du club à un groupe américain n’a pas abouti et la recherche d’un actionnaire minoritaire qui apporterait des moyens supplémentaires, non plus.

Pour monter son effectif 2018/2019, l’ASSE avait eu recours à l’emprunt auprès de banques allemandes. Les cessions de contrat, dont celle du jeune William Saliba (un montant de 15 millions d’euros est évoqué), restent indispensables pour trouver l’équilibre financier… au détriment de la progression sportive.