L1: Saint-Etienne et Puel entre cure de jouvence et rigueur budgétaire

L’entraîneur stéphanois Claude Puel lors de la réception de Bordeaux à Geoffroy-Guichard, le 11 avril 2021
Par Francois-Jean TIXIER / © 2021 AFP

Rajeunissement forcé: l’AS Saint-Etienne et son manager général Claude Puel n’ont guère d’autre choix que de poursuivre cette saison la cure de jouvence engagée avec l’arrivée du technicien en octobre 2019 et imposée par la situation financière tendue du club de Ligue 1.

Menacée de relégation il y a trois ans, l’ASSE avait été contrainte d’emprunter afin de satisfaire aux besoins de l’entraîneur Jean-Louis Gasset, nommé en décembre 2017 après le fiasco Oscar Garcia.

La crise sanitaire a ensuite poussé les Verts à s’endetter encore davantage en souscrivant deux prêts garantis par l’Etat (PGE).

L’effort de gestion nécessaire pour rendre les comptes plus présentablesles deux actionnaires, Bernard Caïazzo et Roland Romeyer, cherchent à céder leurs partsa plombé les résultats du club forézien.

La saison dernière, Saint-Etienne a longtemps flirté avec la zone de relégation, suscitant un renouveau des critiques. Mais à la faveur d’une bonne fin de championnat, le club s’est finalement classé 11e.

“A mon arrivée en octobre 2019, nous étions 20e de la Ligue 1 avant le coup d’envoi du premier match (gagné 1-0 par l’ASSE contre Lyon). Beaucoup l’ont oublié”, a rappelé Claude Puel dans un entretien au quotidien local La Tribune-Le Progrès.

“Complexe mais enrichissant”

“Notre action a été vertueuse et a abouti à une bonne dynamique globale en fin de saison. Nous avons fini au milieu du classement après un parcours très complexe mais enrichissant”, a-t-il souligné.

Et il a prévenu que la saison qui s’annonce pourrait être de la même veine, dans un contexte de baisse de la masse salariale et d’optimisation des coûts.

De 110 millions d’euros pour l’exercice 2019-2020 puis 90 millions en 2020-2021, le budget sera cette saison de 70 millions.

Après le départ du gardien Stéphane Ruffier, plus gros salaire du club, licencié, l’AS Saint-Etienne va encore chercher à faire partir deux autres joueurs bien rémunérés, Ryad Boudebouz et Wahbi Khazri.

Plusieurs cadres ont déjà quitté le club, comme Loïc Perrin, il y a un an, suivi de Yohan Cabaye.

Cet été, le gardien Jessy Moulin (35 ans) est parti à Troyes alors que Mathieu Debuchy (36 ans) et Kevin Monnet-Paquet (34 ans) n’ont pas été prolongés.

Effectif juvénile

L’ASSE reste malgré tout lestée de joueurs en retour de prêt, reliquat de recrutements totalement ratés, comme le milieu Assane Dioussé et le défenseur Alexandros Katranis, lequel n’a jamais joué en pro chez les Verts. Sergi Palencia, lui, a été de nouveau prêté à Leganés (2e div. espagnole).

Du coup, avec un effectif juvénile, les ambitions paraissent forcément limitées comme les possibilités de recruter.

“J’ai toujours été contre le fait de recruter pour recruter. Dans notre situation, il faut faire des trouvailles comme Yvan Neyou ou Yvann Maçon”, a insisté Puel, qui sera en fin de contrat en juin 2022. Une incertitude de plus…

“L’effectif tient de belles promesses mais on ne va pas pouvoir l’améliorer car la saison sera encore très difficile sur l’aspect financier. Mais il y a beaucoup de belles perspectives pour le futur du club. Il y a cette saison encore importante à disputer avec le groupe actuel… normalement”, a-t-il ajouté.

Car l’ASSE a toujours la crainte d’être la cible de convoitises lors du mercato pour ses jeunes pousses comme le milieu Lucas Gourna-Douath (17 ans).

Cela avait été le cas l’été dernier avec la cession du défenseur Wesley Fofana pour 35 millions d’euros au club anglais de Leicester, somme qui n’avait pu être réinjectée dans le recrutement mais qui a plutôt servi à financer la saison.