L’entraĂ®neur de Saint-Etienne, Claude Puel, lors du match de Ligue 1 Ă  Bordeaux, le 20 octobre 2019
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“Grappiller”, “insister”, “progresser”: le credo est le mĂŞme Ă  Saint-Etienne et Monaco, deux Ă©quipes en reconstruction dont les entraĂ®neurs, Claude Puel et Leonardo Jardim, privilĂ©gient la prudence Ă  l’emballement malgrĂ© leurs prometteuses sĂ©ries en cours.

Octobre fut rose pour StĂ©phanois et MonĂ©gasques, qui se retrouvent dimanche (21h00) au stade Geoffroy-Guichard lors de la 12e journĂ©e de Ligue 1: les premiers sont restĂ©s invaincus pendant ce mois, les seconds ont subi une dĂ©faite (Ă  Montpellier le 5) mais n’ont fait que gagner par ailleurs.

La situation comptable est paradoxalement très similaire, entre une ASM 17e du dernier championnat et des Verts qualifiés pour la Ligue Europa cette saison: après onze rencontres de championnat, ils se suivent au classement (11e et 12e respectivement), comptent un nombre de points identique (15) et même une différence de buts semblable (-3 contre

4) dans ce ventre mou du tableau qui ne correspond en rien Ă  leur forme actuelle.

Le parcours pour aboutir Ă  cette situation jumelle, en revanche, n’a rien en commun: Monaco a chamboulĂ© son monde pendant l’Ă©tĂ© en recrutant Ă  gogo tandis que l’ASSE a repoussĂ© le moment fatidique du bouleversement Ă  dĂ©but octobre, avec le limogeage de l’entraĂ®neur Ghislain Printant et l’arrivĂ©e en grande pompeet avec de larges pouvoirsde Claude Puel.

A la croisĂ©e des chemins dimanche, il y a donc une progression Ă  valider de part et d’autre, dans une opposition entre Ă©quipes “Ă  l’effectif europĂ©en”, selon les mots de Jardim.

“Pas Ă  l’abri”

“Plus qu’une dynamique qui s’est inversĂ©e, l’Ă©quipe est en progression depuis le dĂ©but de la saison. Après deux mois passĂ©s ensemble, avec une meilleure connaissance des uns et des autres, avec une meilleure comprĂ©hension de ce que demande l’entraĂ®neur, le collectif progresse”, pose le Portugais.

“Il y a des choses qui commencent Ă  ĂŞtre intĂ©ressantes. Il faut insister. On se soigne, on essaie de grappiller des points, de construire notre jeu”, lui rĂ©pond Puel, presque en Ă©cho.

Avec la mĂŞme prudence de part et d’autre. “Il ne faut pas ĂŞtre trop exigeant avec cette Ă©quipe. Nous sommes encore en construction”, tempère Puel. “Le niveau actuel n’est pas encore satisfaisant. Il faut enchaĂ®ner 12 ou 15 matches avec de bonnes performances pour aller plus haut”, prolonge Jardim.

Les deux techniciens le savent, il en faut peu pour que tout bascule. A Bordeaux (victoire 1-0) puis contre Amiens (2-2), les Verts s’en sont bien sortis, avec un penalty heureux en fin de match en Gironde après une rencontre très compliquĂ©e, et un but contre leur camp des Picards quelques jours plus tard ayant permis de sauver le match nul. Et Monaco, pire dĂ©fense du championnat, n’a toujours pas rĂ©ussi Ă  terminer deux matches de suite sans encaisser de but.

“On a inversĂ© la tendance, on est dans une phase positive. Mais il ne faut pas se relâcher. On n’est pas Ă  l’abri de mauvais rĂ©sultats”, prĂ©vient le milieu offensif monĂ©gasque Gelson Martins.

“Le groupe manque encore de crĂ©ativitĂ©, de joueurs capables de faire des diffĂ©rences sur lesquels l’Ă©quipe pourrait se reposer plus souvent”, glisse pour sa part Claude Puel. “Ce n’est pas possible, donc on doit compenser par la qualitĂ© d’ensemble”.

Des qualités qui se mettent en place en Loire comme en Principauté. Progressivement.