Fumigènes de supporters stéphanois lors du match de Ligue 1 contre le Paris-SG, à Geoffroy-Guichard, le 15 décembre 2019
Par Francois-Jean TIXIER / © 2020 AFP

Soumis aux turbulences de ses supporters, Saint-Etienne reçoit Nantes à huis clos dimanche en Ligue 1 (15H00). Si la sanction, prononcée pour usage massif de fumigènes, apparaît plutôt clémente, le risque de nouveaux débordements fait planer une épée de Damoclès sur le club stéphanois.

Un match ferme à huis clos, un deuxième avec sursis: la commission de discipline de la Ligue (LFP) a puni jeudi les Verts après les incidents constatés le 15 décembre au cours du match ASSE-PSG (0-4) lors de la 18e journée de Ligue 1.

Ce soir-lĂ , 248 engins pyrotechniques et deux feux d’artifice dont un automatisĂ© ont Ă©tĂ© allumĂ©s, des fumigènes ont Ă©tĂ© envoyĂ©s d’une tribune Ă  une autre entre ultras stĂ©phanois et parisiens. Sans compter des faits de violence aux abords du stade.

Les fumigènes, interdits dans les enceintes sportives, sont le nĹ“ud du problème Ă  l’ASSE. Et le stade Geoffroy-Guichard, propriĂ©tĂ© de Saint-Etienne MĂ©tropole, a plusieurs fois Ă©tĂ© sanctionnĂ© ces dernières saisons pour l’indiscipline de ses kops, avec amendes multiples et huis clos partiels.

Dimanche, aucun supporter ne prendra place dans le “Chaudron”, pourtant connu pour son atmosphère bouillante.

Au point que l’entraĂ®neur de Nantes Christian Gourcuff a dĂ©plorĂ© “un football coupĂ© des Ă©motions”. “Ce n’est un avantage ni pour nous, ni pour notre adversaire. Il n’y a pas de rythme et d’intensitĂ©, tout simplement”, a-t-il regrettĂ©.

Otage

Un huis clos total avait dĂ©jĂ  dĂ» ĂŞtre observĂ© Ă  Geoffroy-Guichard contre Rennes, le 23 avril 2018. Quelques centaines d’ultras avaient alors bravĂ© l’interdiction en s’introduisant dans le stade en première pĂ©riode, provoquant l’interruption de la rencontre durant quelques minutes.

Au-delĂ  de l’interdiction dans les stades des fumigènes et autres engins pyrotechniquespartie intĂ©grante de la culture “ultra”

, le huis clos prononcĂ© jeudi illustre un dialogue de sourds entre les instances et certains groupes d’ultras… malgrĂ© de timides avancĂ©es ces derniers mois, notamment sur la question des dĂ©placements de supporters Ă  l’extĂ©rieur, dans le cadre de l’Instance nationale du supportĂ©risme (INS), groupe de dialogue qui rassemble les acteurs du football et les autoritĂ©s.

De son cĂ´tĂ©, l’ASSE se sent prise en otage de la situation, assure-t-on de source proche du club, d’autant, qu’au final, ce sont les clubs qui sont le plus lourdement sanctionnĂ©s.

Et si les palpations semblent peu efficaces pour lutter contre l’introduction d’engins pyrotechniques, le système d’accès au stade Geoffroy-Guichard devrait ĂŞtre rĂ©amĂ©nagĂ© rapidement par la MĂ©tropole après une recommandation de la prĂ©fecture.

Manque Ă  gagner

“Chaque rencontre fait l’objet d’une rĂ©union en amont avec les deux clubs au cours de laquelle est abordĂ©e la sĂ©curitĂ© notamment. Les mesures sont adaptĂ©es selon la sensibilitĂ© de la rencontre”, a simplement rĂ©pondu la prĂ©fecture de la Loire, interrogĂ©e par l’AFP.

Certes, les relations ne sont pas rompues entre l’AS Saint-Etienne et ses supporters. Le club s’appuie sur un officier de liaison (SLO) depuis 18 mois, Florian Merle, dans le respect de la Loi LarrivĂ© sur leur encadrement et la lutte contre le hooliganisme.

Mais malgré les échanges, chaque partie campe sur ses positions: les ultras veulent utiliser des fumigènes et le club est contraint de faire appliquer la loi.

Outre un manque Ă  gagner de plusieurs centaines de milliers d’euros pour un match Ă  huis clos, l’ASSE estime ĂŞtre aussi pĂ©nalisĂ©e sportivement et en terme d’image.

“J’ai connu cela Ă  Nice”, a commentĂ© l’entraĂ®neur stĂ©phanois Claude Puel en confĂ©rence de presse. “Nous aurions bien aimĂ© avoir nos supporters pour ce match le plus important de la semaine après la dĂ©route Ă  Paris (6-1). C’est quelque chose de très spĂ©cial et difficile qui donne l’avantage Ă  l’adversaire”, a-t-il dĂ©plorĂ©.