Rudi Garcia, alors entraîneur de l’Olympique de Marseille, lors du match de Ligue 1 face à Montpellier, au Vélodrome, le 24 mai 2019
Par Francois-Jean TIXIER / © 2019 AFP

D’une fronde à une autre ? Rudi Garcia, parti de l’OM conspué par le public, a été intronisé lundi à la tête de Lyon où certains supporters affichent déjà publiquement leur plus grande réserve à son égard.

Contre Dijon samedi, et probablement jusqu’au terme de la saison, ce sera chaud: la qualification en C1 sera le minimum à obtenir pour Garcia et l’OL, aujourd’hui seulement 14e de la L1 avec neuf points, un de plus seulement que le duo de lanternes rouges, Metz et Dijon, les deux prochains adversaires de l’OL.

Garcia, 55 ans, devra être rapidement efficace. A commencer par samedi à domicile contre les Dijonnais (17H30), au risque de subir rapidement les foudres d’une frange du public, comme l’ont vécu en leurs temps Bruno Genesio (janvier 2016-2019) ou Claude Puel (2008-2011).

Dans les deux cas, les supporters ultras avaient contribué au départ de ces deux techniciens malgré des résultats très honorables.

Ils ont notamment l’un et l’autre amené Lyon en demi-finale de Coupe d’Europe, en Ligue des Champions pour Puel (2010) et en Ligue Europa pour Genesio (2017).

Rudi Garcia, qui a signé jusqu’en 2021, a connu une ambiance similaire à Marseille au cours de sa dernière saison, où le public du stade Vélodrome ne voyait plus en lui le porteur de “l’OM Champions Projet”, après avoir pourtant poussé l’OM jusqu’en finale de la C3 en 2018, perdue contre l’Atletico Madrid à Lyon (3-0).

Au moment d’annoncer son départ en mai, Garcia avait alors assumé “entièrement” sa “part de responsabilité de ne pas avoir su conduire Marseille en Ligue des champions”.

Parmi les bas, il aura vécu une élimination peu glorieuse en Coupe de France contre Andrézieux-Bouthéon (4e div.) au stade Geoffroy-Guichard, en février.

Avec Garcia, qui a auparavant dirigé Saint-Etienne, Dijon, Le Mans, Lille, ou l’AS Rome, l’OM a terminé 5e (2017, 2019) et 4e (2018) en championnat.

Propos “insupportables”

Après le départ de Bruno Genesio, en juin, l’arrivée d’un tandem brésilienl’ancienne idole du club Juninho comme directeur sportif et Sylvinho comme entraîneuravait permis d’établir une trêve avec les groupes de supporters et d’ouvrir une parenthèse qu’une majorité d’entre eux pensaient enchantée.

Hélas, l’OL reste sur une série de sept matches dans victoire en championnat, même s’il reste bien placé pour se qualifier pour les 8es de finale de Ligue des champions avec une victoire et un résultat nul.

Mais cette situation sportive décevante rend la position de Juninho délicate, quand bien même Jean-Michel Aulas affirme, sans convaincre, que le Brésilien est seul décideur dans le domaine sportif.

Garcia, dont l’adjoint sera Claude Fichaux comme à Rome et Lille, a été préféré à Laurent Blanc (54 ans), qui souhaitait venir avec plusieurs adjoints, ou Jocelyn Gourvennec (47 ans), trop inexpérimenté au plan européen.

Sa désignation est susceptible de créer une nouvelle fracture avec une partie du public au stade, qui se souvient de ses prises de positions contre Lyon. Sur les réseaux sociaux, le courroux de certains ultras reflète déjà une tendance à la défiance.

En mai 2018, Garcia avait estimé l’arbitrage “favorable” à l’OL. “Il (Genesio) devrait bénir le fait qu’il n’y ait toujours pas d’assistance vidéo sinon il serait quatrième et décroché”, avait-il lancé à l’époque, plein d’amertume.

Jean-Michel Aulas avait alors répondu sur Twitter en évoquant un technicien “qui avait disjoncté” et portant “des accusations publiques insupportables et pas acceptables”.

En Ligue 1, les prochains matches contre les trois derniers, Dijon, Metz et Toulouse, permettront au nouvel OL de s’étalonner avant le choc prévu contre l’OM le 10 novembre, où les tifos seront scrutés avec attention pour le retour de Garcia. Ces rencontres seront entrecoupées d’une double confrontation non moins cruciale en C1 face à Benfica.

Comme pour Genesio ou Puel, d’éventuels résultats positifs ne feront pas tout, surtout s’il n’y a pas de trophées au bout.