L1: retrouvailles douces-amères entre Delort et Montpellier

L’attaquant de Nice Andy Delort après son but contre l’AS Monaco en Ligue 1 le 19 septembre 2021
/ © 2021 AFP

Rapidement intégré et adopté à Nice, Andy Delort accueille dimanche (17h00) avec les Aiglons son ancien club, Montpellier, où perdure le souvenir d’un attaquant de classe mais aussi l’amertume d’un départ mal compris et mal accepté.

Près de 50 buts et plus de 20 passes décisives en trois saisons, le brassard de capitaine, des déclarations d’amour répétées pour La Paillade et puis finalement, un départ inattendu en toute fin de mercato pour Nice et l’ambitieux projet Ineos: comme le résumait alors le président de Montpellier Laurent Nicollin, l’histoire “s’est finie en eau de boudin”.

Vendredi, l’entraîneur héraultais Olivier Dall’Oglio est pourtant passé rapidement sur le sujet Delort. “On va affronter Nice, qui est un prétendant au top 3. Même si Andy est bien en ce moment, on sera content de le revoir, de le retrouver après le match”.

La centaine de supporters du MHSC attendus à Nice ne seront probablement pas aussi amicaux car eux ont très mal vécu le départ de l’avant-centre à la larme tatouée au coin de l’oeil.

“Ca m’a fait beaucoup de mal”, avait expliqué Delort lors de sa présentation à Nice, à propos des réactions des fans pailladins, outrés du départ d’un joueur qui portait encore le brassard à 10 jours de la fin du mercato contre Lorient.

“Ils n’ont pas pris en compte mon envie d’aller au-dessus et tout le bien fait en trois belles saisons à Montpellier. Je peux les comprendre mais je ne pensais pas que ça irait si loin. Je serai toujours très attaché à Montpellier, je n’oublierai jamais les moments extraordinaires vécus là-bas”.

Les fans des Aiglons, y compris les plus sceptiques – il y en avait – l’ont en revanche adopté très vite et devraient le montrer dimanche, d’autant plus bruyamment que la Tribune Populaire Sud, fermée pour quatre matches en sanction des incidents ayant marqué le match contre l’OM, rouvrira ses portes.

“Une décision sportive”

De son côté, l’entraîneur niçois Christophe Galtier ne redoute pas les retrouvailles de Delort avec son ancienne équipe.

“Pas plus que pour un autre. Comme cela avait été le cas pour Melvin Bard et Amine Gouiri devant Lyon. L’histoire d’Andy s’est terminée comme elle s’est terminée pour d’autres joueurs. Il n’y aura pas d’émotion chez Andy. Les footballeurs de cette génération-là sont habitués aux changements”, a-t-il expliqué.

“Un joueur était sur le marché, il y avait un prix de vente, il a été acheté, voilà. Il n’y a rien. Pourquoi on parle d’Andy plus que d’un autre? Parce qu’il était capitaine et qu’il a commencé la saison là-bas? Mais c’est l’histoire d’un mercato qui finit le 1er ou le 2 septembre”, a ajouté Galtier. Il sait tout de même que le fait que Delort ait choisi en juin son beau-fils, John Valovic-Galtier, comme nouvel agent a fait parler.

Assez vexé par les questions sur cette proximité, Delort avait en réponse dégainé son bilan pailladin. “Ce n’est pas un transfert d’agent, mais celui d’une décision sportive”, avait-il aussi assuré.

Avec déjà cinq buts et deux passes décisives en huit matches avec Nice, son bilan azuréen est en tous cas éloquent. “On connaît ses qualités et son mental d’acier. C’est un joueur d’instinct. Il est imprégné de victoire”, a jugé Galtier.

L’intéressé, lui, n’était pas inquiet. “En arrivant, j’ai dit à Amine (Gouiri) et à Kasper (Dolberg) que tout se passerait bien entre nous, de manière naturelle. Que nous parlions le même football”, avait-il expliqué en septembre.

De fait, le trio fonctionne, comme fonctionnait à Montpellier son duo avec Gaëtan Laborde.