L1: Randal Kolo Muani, le salut des Canaris passera par lui

L’attaquant congolais de Nantes, Randal Kolo Muani, lors du match de Ligue 1 à domicile contre Monaco, le 31 janvier 2021
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Randal Kolo Muani peut-il sauver Nantes ? Héros de l’exploit réussi à Paris (2-1), l’attaquant s’annonce comme un atout essentiel des Canaris, confrontés une “finale” pour le maintien en Ligue 1 dimanche à Lorient (15h00), avant de disputer l’Euro Espoirs la semaine prochaine.

Étincelant en début de saison, moins décisif ces derniers mois alors que son équipe sombrait dans la déprime et les profondeurs du classement, il a choisi son moment pour retrouver tout son éclat.

Au Parc des Princes, cet autre gamin de Bondy de 22 ans a chipé la vedette à Kylian Mbappé, affolé les défenseurs parisiens et claqué le but de l’égalisation avant d’offrir celui de la victoire sur un plateau à Moses Simon.

De quoi faire oublier des mois de frustrations, entre ces tout premiers buts annulés pour des hors-jeu microscopiques et tous ces matches où il n’avait pas réussi à concrétiser les rares occasions d’une équipe en plein doute.

“Des fois, on a le sentiment qu’il ne va pas au bout des choses”, a reconnu son entraîneur Antoine Kombouaré dimanche soir, alors que son bilan de 4 buts et 5 passes décisives semble léger pour un joueur si prometteur. “Mais s’il ne marque pas, il est souvent à l’origine de nos buts.”

“Enorme volume”

“Il a un énorme volume sur le terrain, il est capable de défendre, de garder le ballon, d’éliminer…”, a-t-il ajouté, en évoquant les vidéos que le staff nantais a montrées au jeune attaquant pour l’aider, malgré les critiques, à redevenir “enfin décisif”.

Plus réservé, le jeune homme a reconnu que la victoire avait un goût tout particulier à Paris: “Ça m’a fait plaisir de faire une grosse prestation, près de là où j’ai grandi. J’étais venu voir des matches au Parc des Princes quand j’étais petit”.

Mais il s’est surtout réjoui de ce succès inattendu pour une équipe engluée dans la zone rouge, en espérant qu’il serve de “déclic” pour sortir les Canaris du marasme: “On a vu qu’on avait du potentiel, de la qualité, un mental fort, une équipe soudée”.

Une belle revanche pour cet attaquant formé à Nantes, qui avait signé son premier contrat professionnel en 2017 sans pour autant attirer l’œil des différents entraîneurs de l’équipe première. Seul Vahid Halilhodzic l’a fait entrer en jeu, sans grande conviction, en 2018-2019.

Pour trouver du temps de jeu, il a dû s’exiler la saison dernière en prêt à Boulogne, en National. Et c’est seulement pendant la préparation d’été qu’il a su convaincre Christian Gourcuff, avant de s’imposer sur le terrain.

Prolongation au point mort

Sous contrat jusqu’en 2022, mais avec un salaire dérisoire par rapport à ses coéquipiers

inférieur à 20.000 euros par mois selon une source interne au club

-, il ne semble pas pressé de prolonger à Nantes. Les discussions entamées il y a plusieurs mois sont encore au point mort.

Le risque d’une relégation de Nantes et l’intérêt exprimé par plusieurs clubs étrangers peuvent en effet pousser à réfléchir.

D’autant qu’il aura aussi l’occasion de briller sous le maillot bleu. Après une première convocation en équipe de France Espoirs à l’automne, marquée par deux titularisations, le voilà sur la liste des Bleuets pour la première phase de l’Euro-U21 en Hongrie et en Slovénie la semaine prochaine, aux côtés d’Alban Lafont.

“C’est un super joueur, un super mec, il mérite totalement d’y aller”, a salué le gardien nantais.

Mais avant d’écouter la Marseillaise retentir, Lafont et Kolo Muani sont attendus dimanche face à Lorient. Une “grande finale” pour le maintien, a prévenu Kombouaré, entre ses Canaris, actuellement 18es et barragistes virtuels, et des Merlus remontés à la 17e place, à une petite longueur devant, grâce à une série marquée… par une victoire inattendue 2-1 sur le PSG en janvier.