L1: Puel face à un difficile héritage à Saint-Etienne

L’entraîneur de Saint-Etienne, Claude Puel, lors du match de Ligue 1 à Nantes, le 20 septembre 2020
Par Francois-Jean TIXIER / © 2020 AFP

Finances et résultats en berne, effectif inexpérimenté… Claude Puel est sous le feu des critiques à Saint-Etienne après dix matches sans gagner. Mais avant d’affronter Angers vendredi en L1 (21h00), le manager général assume l’épineux héritage d’un club qui vivait au-dessus de ses moyens.

Sa mission, depuis quatorze mois, est claire: développer un projet sportif reposant sur les jeunes et, surtout, viable économiquement. Une nécessité d’autant plus impérieuse avec la crise sanitaire et le problème des droits TV non réglés par le diffuseur Mediapro.

Actuel quinzième de la Ligue 1 avec deux points d’avance sur le barragiste Reims, l’ASSE n’a plus gagné depuis mi-septembre à l’heure de recevoir Angers vendredi soir. Il est temps de rebondir, enfin.

“Je crois tout simplement en mon équipe et en ce qu’on met en place. Il faut matérialiser tout cela par des résultats et retrouver la réussite qui nous fuit”, a encore martelé Puel devant la presse.

Méforme des cadres

Le technicien de 59 ans doit pourtant continuer de jongler entre la méforme de ses cadres comme Denis Bouanga, Wahbi Khazri, Romain Hamouma ou Timothée Kolodziejczak, les nombreuses absences sur blessures ou suspensions, et l’accompagnement des jeunes, comme les recrues Ivan Neyou et Adil Aouchiche ou la génération prometteuse victorieuse de la coupe Gambardella en 2019.

Celle-ci a d’ailleurs déjà dû laisser filer deux de ses joyaux: les défenseurs centraux William Saliba et Wesley Fofana, âgés de 19 ans, qui ont rejoint Arsenal et Leicester pour respectivement 25 et 35 millions d’euros, tout comme Franck Honorat (24 ans) transféré à Brest pour 5 M EUR.

Sommes qui n’ont pu être réinvesties dans le recrutement.

Car pour l’heure, il faut régler la note des achats dispendieux menés dans l’urgence ces dernières années pour rebâtir un effectif capable de sauver le club de la relégation après la succession mal préparée et, au final, ratée de Christophe Galtier (décembre 2009-2017).

La mission de sauvetage de Jean-Louis Gasset, arrivé à l’ASSE en décembre 2017 après les intermèdes catastrophiques d’Oscar Garcia et Julien Sablé, a impliqué la venue, financée par l’emprunt, de joueurs confirmés qui ont fait exploser la masse salariale.

Certes, les Verts ont terminé 4es et se sont qualifiés en Ligue Europa en mai 2019 mais Gasset, conscient des limites de son groupe et du club a préféré partir, laissant un héritage en trompe-l’oeil.

Dégraissage de l’effectif

“A mon arrivée, j’avais la perception d’un groupe de haut niveau mais qui ne pouvait pas s’inscrire dans le futur. Le club allait dans le mur. Il s’était beaucoup endetté pour suivre ce schéma qui avait vécu”, avait confié Puel dans un entretien au quotidien L’Equipe, peu après son arrivée en remplacement de Ghislain Printant en octobre 2019.

Manager général et membre du directoire du club, Puel cherche depuis à dégraisser l’effectif des joueurs peu performants et nantis de gros salaires tout en promouvant des jeunes (Abi, Camara, Moukoudi) et en recrutant à moindre frais (Neyou, Krasso, Maçon).

Le gardien Stéphane Ruffier s’est mis hors jeu tout seul mais pourrait quitter le club en janvier alors que Yann M’Vila (Olympiakos) est parti, tout comme Loïs Diony (Angers), Loïc Perrin et Yohan Cabaye (fin de contrat).

Khazri ou Ryad Boudebouz, eux aussi dans le collimateur, peinent à trouver une sortie mais l’AS Saint-Etienne tentera quand même de consolider son effectif, avec ses moyens limités, au cours du mercato hivernal.

Le recrutement d’un avant-centre et le retour en prêt de Saliba, qui a manqué de se concrétiser début octobre, sont notamment fortement envisagés. De quoi interrompre la série noire des Verts ?