L1: PSG, un champion en questions contre Bordeaux

Thomas Tuchel l’entraîneur du Paris Saint-Germain lors du match contre Leipzig au Parc des Princes, à Paris le 24 novembre 2020.
Par Alexis HONTANG / © 2020 AFP

Le Paris SG, sous pression en Ligue des champions, accueille Bordeaux samedi en L1 (21h00) sans prendre la bouffée d’oxygène habituellement associée au Championnat: à quatre jours d’aller défier Manchester United, l’entraîneur Thomas Tuchel compose avec plusieurs impératifs, entre rotation et rythme à trouver.

Quelle rotation avant Manchester United ?

Dans la capitale, la Coupe d’Europe fait et défait le bilan d’une saison.

Le mauvais départ en Ligue des champions, avec deux défaites lors des trois premières journées, a mis dans une position délicate le club, qui joue avec le feu d’une élimination dès la phase de groupes.

Dans ce contexte, Tuchel n’a pas hésité à ménager une partie de ses cadres à Monaco vendredi dernier, quitte à laisser filer la victoire en seconde période (défaite 3-2), afin d’éviter les blessures et d’avoir une équipe plus fraîche face à Leipzig le mardi suivant.

Le succès crucial face aux Allemands (1-0) l’incite à répéter la même rotation face à Bordeaux, quatre jours avant un nouveau match décisif pour les huitièmes à Manchester.

“C’est la même chose, on doit gérer deux matches en même temps”, a concédé l’Allemand vendredi.

Le capitaine Marquinhos, qui a joué contre le RBL après avoir reçu une infiltration, sera menagé suite à une petite alerte aux adducteurs, a fait savoir le club.

Comment retrouver du rythme ?

Mais le leader de Ligue 1, qui compte deux points d’avance sur Lille, se retrouve au coeur d’un paradoxe: s’il met ses cadres au repos, il rate l’occasion de prendre ce rythme qui lui a cruellement fait défaut contre Leipzig.

Son match extrêmement prudent, en se contentant de défendre, n’a pas été en phase avec le style flamboyant que la présence de Kylian Mbappé et Neymar laissait présager.

“On manque seulement de rythme”, avait rétorqué Tuchel mardi, agacé de répondre aux questions sur le niveau de jeu de son équipe.

“On a eu du temps pour récupérer après Leipzig. Ca veut dire qu’on peut laisser jouer, qu’il ne faut pas trop réflechir sur la gestion de minutes. On doit gérer les deux matches, mais c’est plus facile maintenant”, a-t-il précisé vendredi.

L’entraîneur paie à la fois les nombreuses indisponibilités

65 matches cumulés ratés par son onze-type depuis le début de saison

et l’absence de préparation d’avant-saison, qui limite l’impact physique de ses joueurs.

Contre Bordeaux, Abdou Diallo sera suspendu, alors que Juan Bernat, Julian Draxler et Idrissa Gueye sont toujours à l’infirmerie. Mais l’attaquant Mauro Icardi, trop juste mardi, pourrait rejouer.

Donner du rythme aux titulaires sans trop les exposer à des rechutes, réintégrer les anciens blessés sans trop les solliciter: dur équilibre…

Le retour de Verratti, remède miracle ?

Au milieu de ce casse-tête, le retour de Marco Verratti, entré pour les dix dernières minutes contre Leipzig après plus d’un mois et demi sans jouer pour son club, a agi comme un rayon de soleil.

Le milieu italien, devenu ce soir-là le Parisien à compter le plus d’apparitions européennes (61) devant Thiago Silva, a livré un match à son image, avec une grosse activité défensive, des passes qui coupent les lignes… et un carton jaune.

“Marco peut tout changer dans nos plans et sur le terrain. Il a montré une performance extraordinaire (contre Leipzig). Il pourra peut-être jouer une mi-temps contre Bordeaux. Son retour nous donne beaucup de possibilités, de la confiance, de la qualité sur le terrain”, a expliqué le technicien souabe.

Le retour du “Petit Hibou” est attendu pour redonner des ailes à une équipe qui pèche dans l’animation. Mais là encore, son manque de préparation, et sa fréquence de blessures, pourraient inciter Tuchel à l’utiliser avec parcimonie: Paris joue encore avec le frein à main.