L1: pour l’OM, janvier = danger

L’entraîneur de l’Olympique de Marseille, le Portugais André Villas-Boas, lors du match de L1 contre Reims, le 19 décembre 2020 au stade Vélodrome
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Entre calendrier démentiel et dossiers chauds du mercato, le mois de janvier sera parsemé de chausse-trappes pour l’Olympique de Marseille, fragilisé par une fin d’année 2020 ratée et privé de marge avant de recevoir Montpellier mercredi pour la 18e journée de Ligue 1 (21h00).

Chargé sur le terrain

Jambes lourdes et souffle court, l’OM a terminé 2020 avec un seul point en trois matches, laissant ses rivaux pour le podium prendre un peu d’avance.

Les joueurs d’André Villas-Boas ont sept points de retard sur le troisième, Paris, avec certes toujours deux matches en retard.

Mais après les avoir longtemps vus comme un passeport vers la première place, ils ne les regardent plus tout à fait de la même façon.

“On compte sur ces matches pour recoller mais beaucoup d’équipes tournent bien. Pendant longtemps, ça a été psychologiquement favorable de les avoir mais aujourd’hui ils prennent une autre importance, on n’a plus le droit à l’erreur”, a ainsi reconnu lundi le capitaine Mandanda.

Ces deux rencontres à disputer contre Lens (le 20 janvier) et Nice (date à définir) alourdissent par ailleurs un calendrier déjà très encombré pour un effectif qui, comme l’a rappelé Villas-Boas lundi, “n’est pas le plus profond du monde”.

L’OM continue en effet à jouer tous les trois jours, avec la venue de Montpellier mercredi avant un déplacement à Dijon puis le Trophée des Champions contre le PSG dans une semaine à Lens.

“Il y aura encore beaucoup de matches à jouer après janvier, mais psychologiquement ça va être important. On sait qu’on doit très bien négocier janvier pour rester le plus proche possible du podium”, a expliqué Mandanda. “Oui, ça peut être un tournant, j’espère dans le bon sens”, a confirmé Villas-Boas.

Animé en coulisses

Déjà en équilibre instable, l’OM doit aussi prendre garde aux coups de vent du mercato. Renforts bon marché, départs pour alléger la masse salariale et prolongations de contrat: le directeur sportif Pablo Longoria a lui aussi un mois de janvier compliqué à gérer.

Les besoins marseillais sont connus. Villas-Boas veut avant tout un attaquant et ne dirait pas non à un latéral droit. Lundi, il a confirmé que l’avant-centre de Naples Milik était une piste parmi d’autres, “pas la plus facile”. Mercredi au Vélodrome, il pourra aussi observer le Montpelliérain Laborde, dont il n’a pas non plus écarté le nom.

Le technicien portugais a surtout rappelé que les choses bougeraient plus probablement à la fin du mercato. En attendant, l’OM s’est déjà séparé du jeune milieu de terrain Chabrolle, parti à Ajaccio (L2), mais il faudra plus que ça pour rapprocher les comptes de l’équilibre.

Avec Caleta-Car, Sanson ou Kamara, l’OM a quelques joueurs susceptibles d’intéresser des clubs acheteurs, en Angleterre notamment. Mais il s’agit de titulaires, comme le sont Thauvin et Amavi, les deux dossiers prioritaires du moment. L’ailier et le latéral gauche arrivent en effet en fin de contrat en fin de la saison et pourront partir libres s’ils n’ont pas prolongé d’ici-là.

“C’est une situation particulière, avec pas mal de joueurs en fin de contrat et aussi le coach. Il y a une situation économique difficile, personne ne sait comment ça va se finir et où on va”, a reconnu Mandanda. “Mais on a un groupe très professionnel, qui veut bien faire. On doit s’adapter et donner le maximum.”

Chahuté au sommet

Un peu plus loin des terrains, le début d’année marseillais est aussi perturbé par les rapports toujours tendus entre une partie des supporters et le président Jacques-Henri Eyraud, qui semblent ne pas parler la même langue.

Eyraud a pris du recul après avoir nommé Longoria à la tête du secteur sportif et le nouveau “Head of Business” Hugues Ouvrard. Mais une intervention dans une conférence sur le management lors de laquelle il a évoqué le “danger” à avoir trop de Marseillais ou de supporters de l’OM au sein du club a rappelé son impopularité et des stickers appelant à sa démission ont réapparu près du Vélodrome ou de la Commanderie.

“Ca fait partie du job et ça n’est pas grave”, a-t-il assuré avant Noël sur France Bleu Provence. Et face aux rumeurs de vente du club qui ne disparaissent jamais tout à fait, il a rappelé que le propriétaire Franck McCourt restait “profondément ancré dans le temps long”.