L1: Paris SG, la victoire en sifflant Messi

Le milieu de terrain argentin Leandro Paredes (à gauche) célèbre son but avec Lionel Messi sous les sifflets du Parc des Princes durant le match Paris SG – Bordeaux lors de la 28e journée de Ligue 1.
Par Emmanuel BARRANGUET / © 2022 AFP

Accompagné des copieux sifflets du Parc des Princes, le succès du Paris SG contre Bordeaux (3-0) n’effacera pas la déroute européenne face au Real Madrid ni la crise actuelle mais restera dans les mémoires pour l’affront fait à Lionel Messi.

Le septuple Ballon d’or a été hué comme jamais dans sa carrière, même aux rares mauvaises heures avec l’Argentine, par ses propres supporters, sifflé à chaque toucher de balle.

Certes, le PSG reprend 15 points d’avance sur Nice en tête, mais le dixième sacre en L1 qui se profile n’apaisera pas sa frustration.

Il n’est pas pardonné à Messi, recrue phare de l’été, d’avoir coulé avec le reste du navire à Madrid (3-1), contre le Real, mercredi, précipitant l’élimination en 8e de finale de Ligue des champions, alors que le PSG maîtrisait son adversaire (1-0 à l’aller).

Neymar, auteur du deuxième but (52e), a subi une bronca équivalente à la “Pulga”, mais le Brésilien avait déjà été morigéné tout au long de son histoire agitée avec Paris.

Seul Kylian Mbappé a échappé à la colère des supporters, acclamé lui sur chaque ballon et buteur sur l’ouverture du score (24e).

Neymar buteur, Messi passeur

Le public a signifié là son amour pour son meilleur joueur de la saison, la peur qu’il s’en aille libre en juin ayant pris des dimensions de film d’horreur après cette nouvelle déroute en C1.

L’indispensable N.7 a d’ailleurs marqué sur une action initiée par Messi avec un subtil relais de Georginio Wijnaldum, deux des “pestiférés” du jour.

Le virage Auteuil a sorti une banderole “Mbappé à Paris, Leonardo au pilori”, visant le directeur sportif dont la mission de convaincre “Kyky” de prolonger semble de plus en plus compromise.

Les seuls airs descendus du virage Auteuil étaient offensifs : “Dirigeants démission!”, “Une équipe à Paris” et des insultes à l’équipe. Auteuil a aussi chanté “Paris c’est nous!”.

Le kop parisien, partiellement vidé juste avant la pause, n’a pas non plus célébré le but de Neymar, fêté d’un poing rageur et où Messi est encore à l’avant-dernière passe, ni celui de Leandro Paredes (61e), après un joli crochet pour s’ouvrir le chemin du but.

Navas a réussi son match

Le reste du stade a plus franchement célébré les deux et troisièmes buts, mais “Ney” et Messi, qui a aussi tiré sur le poteau (87e), ont été sifflés jusqu’au bout.

Pour tenter d’amorcer le rachat, l’entraîneur Mauricio Pochettino avait choisi la même équipe qu’à Madrid à deux éléments près. Il avait expliqué qu’il était important que ses leaders puissent “défouler la frustration” de Santiago-Bernabéu.

Dans les buts, Gianluigi Donnarumma, fautif sur l’égalisation madrilène, a laissé la place à Keylor Navas, dans le cadre de la rotation des gardiens.

Le Costaricien a réussi son match, avec un bel arrêt d’entrée devant Rémi Oudin (2e), et un autre devant Yacine Adli (79e). Il a aussi réussi des belles parades sur des actions où les Bordelais étaient hors-jeu: bon pour la confiance de Navas, frustré de ne pas être aligné à Madrid.

Au milieu, Marco Verratti, suspendu, a été remplacé par Georginio Wijnaldum, passeur décisif sur le but de Mbappé. Le Néerlandais a cru obtenir un penalty, pour une faute de Marcelo, mais son passeur, Neymar, a été finalement signalé hors-jeu (55e).

Même si cela n’efface rien de Madrid, le PSG a donc encore gagné après un gros échec européen, comme en 2017 après la remontada de Barcelone (6-1, victoire 4-0 à l’aller), comme en 2019 après la nouvelle catastrophe contre Manchester United (3-1, victoire 2-0 à l’aller).

Les Bordelais aimeraient bien avoir des crises de club éliminé en 8e de finale de Ligue des champions: leur crise à eux les conduit vers la Ligue 2 s’ils ne se réveillent pas.