L1: Moulin enfin délivré de l’ombre de Ruffier à Saint-Etienne

Le gardien de but stéphanois Jessy Moulin, lors du match de Coupe de la Ligue, le 18 décembre 2019 au Stade des Costières à Nîmes
Par Francois-Jean TIXIER / © 2021 AFP

Après des débuts prometteurs comme gardien N.1 de Saint-Etienne, Jessy Moulin a enchaîné des performances inégales ces derniers mois. Désormais débarrassé de l’encombrante présence de Stéphane Ruffier, enfin parti, le portier est attendu au tournant mercredi face au Paris SG en Ligue 1 (21h00).

L’heure est au rebond pour Moulin, qui n’avait subi aucun but sur les trois premières journées de championnat… avant d’en encaisser 25 sur les quatorze matches suivants.

Il lui reste une seconde moitié de saison pour faire taire les sceptiques. Et peut-être que le licenciement de Stéphane Ruffier, officialisé lundi après un long bras de fer, permettra de libérer son successeur.

Celui-ci pouvait être gêné par la présence du Basque, portier comptant le plus d’apparitions dans la riche histoire de l’ASSE, le tout dans une ambiance tendue.

“C’est une situation que l’on a à déplorer mais qui entre dans une certaine logique. Il est important pour le groupe qu’il n’y ait pas de choses qui puissent perturber les joueurs”, a déclaré lundi le manager général Claude Puel en conférence de presse.

Expérimenté dans le métier, Moulin (35 ans le 13 janvier) reste en revanche novice comme numéro un.

Natif de Valence (Drôme), il a débuté en L1 le 15 mai 2011 contre Rennes, quelques semaines avant le recrutement de Ruffier dont il a été la doublure durant huit saisons après quelques prêts, plus ou moins convaincants, à Arles-Avignon, Fréjus-Saint-Raphaël ou Clermont, en National ou Ligue 2.

“Gardien de transition”

“Je suis arrivé (comme N.1) sans aucune prétention. J’apprends aussi le poste et à enchaîner. C’est un autre rôle. Je l’assume. Il faut continuer à bosser de toute façon et à vouloir y arriver”, avait-il déclaré le 22 décembre à la veille du déplacement à Monaco où les Verts ont obtenu un résultat nul 2-2, confirmant leur redressement sportif (six matches consécutifs sans défaite).

“J’ai mon opinion sur mes performances mais je la garderai pour moi. Mon but, c’est la régularité”, avait ajouté le portier, en fin de contrat le 30 juin 2022 avec un salaire augmenté pour se situer désormais autour de 50.000 euros mensuels, soit presque cinq à six fois moins que celui de Ruffier.

Mais rien n’assure encore que Moulin, Stéphanois depuis l’âge de 13 ans, sera encore le gardien N.1 jusqu’à cette date.

D’autant qu’il se considère “comme un gardien de transition” et qu’il ne figure pas parmi les meilleurs spécialistes du poste en France selon les statistiques de la Ligue 1, même si la LFP le place cinquième au nombre d’arrêts (17) pour une 8e place pour les buts encaissés (25).

A sa décharge, son arrière-garde ne l’a pas toujours protégé efficacement, avec de nombreuses absences au coeur de l’automne et certains défenseurs parfois loin de leur meilleur niveau.

Ceci a pu expliquer des moments de fébrilité chez cet enfant du club, avec des relances hasardeuses, un jeu au pied aléatoire, quelques erreurs de jugement ou des mésententes avec les coéquipiers et des sorties aériennes mal maîtrisées.

Face à Paris, Moulin n’aura pas le droit à l’erreur, pour ce qui constitue “un match toujours un peu spécial” selon Claude Puel. Mais c’est peut-être l’occasion pour lui de se mettre en lumière pour sortir enfin de l’ombre de Ruffier.