L1: Mollet s’est endurci à Montpellier

Le milieu de terrain montpelliérain Florent Mollet, buteur contre Angers, lors de leur match de Ligue 1, le 20 septembre 2020 au stade de la Mosson à Montpellier
/ © 2020 AFP

Contesté à l’aube de la saison, Florent Mollet s’est replacé au cœur du milieu et de la vie de l’équipe de Montpellier, qui veut confirmer son rebondissement dimanche à la Mosson devant Strasbourg (15h00) lors de la 11e journée de Ligue 1.

Force de caractère, association plus harmonieuse avec Téji Savanier et remise en question: l’ancien joueur de Metz (2016-2018) et Dijon (2012-2016) a repris en main son destin et repoussé la concurrence dans une nouvelle organisation de jeu (4-3-3).

Son but à Bordeaux (2-0), le deuxième de la saison, et son activité dans l’entrejeu ont matérialisé son renouveau pour oublier un début de saison contrarié, durant lequel il n’a débuté qu’un match sur deux.

Exclusion pour l’ouverture de la saison à Rennes (2-1), contamination au Covid-19 et préparation tronquée: Mollet, titulaire lors de ses deux premières saisons à Montpellier, avait perdu sa place de meneur au profit de l’opportuniste Téji Savanier, qui s’est occupé de tout (trois buts, trois passes) jusqu’à l’échec face à Nîmes le 4 octobre.

“J’ai eu un peu de mal à revenir à la suite du Covid. Téji a fait un gros début de saison. Au-delà de tout ça, il faut aussi se remettre en question au niveau individuel. Ce n’est pas toujours la faute des autres. J’ai aussi ma part de responsabilité”, juge-t-il avec recul.

Nouveau visage

Placé sur le banc durant quatre matches, et la série euphorique (Nice, Lyon et Angers) de Montpellier, il a saisi la perche du chamboulement tactique pour afficher un nouveau visage et élargir son horizon. Meneur de jeu, à l’étiquette dure à porter, Mollet s’est mué à 29 ans en milieu “box to box” (qui court d’une surface à une autre, NDLR) aux côtés de Savanier. “On peut très bien évoluer ensemble, être encore plus performant quand on est tous les deux sur le terrain. On ne s’est jamais pris le bec”, assure-t-il, coupant court à toute polémique ou tension.

Avec ses airs de joueur maudit, d’esthète contrarié ou de talent incompris, le milieu formé à Dijon a misé comme toujours sur sa force de caractère pour sortir de ce trou d’air.

“Dans ce métier, on besoin d’avoir un gros caractère sinon on ne passe pas. J’ai toujours eu ça en moi, le petit truc de faire encore plus pour montrer aux gens qu’il y a des fois une part d’injustice. Si je n’avais pas ce caractère, je ne serai pas là”, prétend-t-il. “Je dois le moduler parfois et éviter qu’il ne soit négatif car, mon caractère prend le dessus sur les émotions”, nuance le milieu rouquin, souvent comparé à l’ancien joueur anglais de Manchester Paul Scholes.

“Je suis bien ici”

Annoncé sur le départ cet été au gré de rumeurs, Mollet, lié jusqu’en juin 2023, n’a pas vraiment l’intention de changer d’air.

“Les rumeurs sont anecdotiques. Quand il n’y a rien, il faut fermer sa bouche. Je fais partie de l’équipe, je n’ai pas d’envie de partir. Je suis bien ici”, dit-il, désireux de partager l’ambition d’une équipe classée aux portes de l’Europe. “On veut faire mieux que les années précédentes et aller chercher une Coupe d’Europe avec Montpellier”, qui a terminé à la 6e puis 8e place les deux précédentes saisons.

Autour d’un système de jeu plus porté vers l’avant, avec quelques cadres recadrés, Montpellier, qui a renoué avec le succès à l’extérieur à Saint-Etienne et Bordeaux, est en quête d’un équilibre et d’une plénitude.

“C’est le meilleur groupe quand lequel j’ai évolué. Mentalité, jeu, vie de groupe: on sent qu’il y a ce petit truc”, affirme Florent Mollet. “C’est la période de ma vie où je me sens le mieux”.