L1: mission sauvetage et opération séduction pour Dupraz à Saint-Etienne

L’entraîneur de Saint-Etienne Pascal Dupraz lors du match de Coupe de France contre Lyon-La Duchère, au stade Balmont le 19 décembre 2021
/ © 2021 AFP

Appelé à la rescousse sur le banc de Saint-Etienne pour éviter la relégation, Pascal Dupraz a décrété une mobilisation générale en s’engageant dans une opération séduction auprès de toutes les composantes du club, qui reçoit Nantes mercredi (21h00).

“Cette rencontre sera d’un point de vue émotionnel forte pour moi car si Geoffroy-Guichard est une place forte du football français, l’ASSE est un club de référence qui me transporte”, a-t-il confié dès son arrivée dans le Forez.

Des mots pour soigner les maux: Dupraz mise sportivement sur “l’empathie et la bienveillance” envers ses joueurs, sur “la confiance qui représente au moins 50% de la performance” et des propos positifs pour relancer une équipe lanterne rouge du championnat.

Elle reste sur quatre défaites en championnat, spirale négative stoppée dimanche par la qualification (1-0) en Coupe de France sur le terrain de Lyon-La Duchère (N2, 4e div.), échéance qualifiée de “capitale” par Dupraz.

“Je n’imagine pas autre chose, comme d’habitude, qu’une issue favorable. J’ai des recettes pour faire en sorte que l’équipe aille mieux”, avait-il insisté le 15 décembre au cours de sa présentation aux médias dans un stade Geoffroy-Guichard “qu’il a hâte de découvrir en match”.

“J’entends jouer mon rôle mais je veux qu’il soit partagé. Nous allons nous maintenir parce que chacun d’entre nous aura donné le meilleur de lui-même”, a-t-il encore asséné avec des mots toujours bien choisis.

“Ca me donne +les poils+”

Depuis son arrivée, Pascal Dupraz, adolescent à l’époque de l’épopée des Verts dans les années 1970 qui l’a marqué, a cherché à comprendre le club par sa visite des installations, du musée ou encore ses rencontres avec les employés.

“J’ai croisé des personnes dix ou quinze fois à mon arrivée. Elles ont un amour du club. Ca me donne +les poils+. C’est incroyable et impressionnant. Je le savais avant de venir, je le vérifie depuis dans le microcosme”, a-t-il confié aux médias.

“Même si la tâche est compliquée, cela me donne des responsabilités que j’ai envie d’assumer. Je ne les fuirai pas”, a martelé l’ancien entraîneur d’Evian-Thonon-Gaillard, qu’il a contribué à hisser au plus haut niveau, de Toulouse, dont il a été l’un des artisans du sauvetage en 2016, et de Caen (L2).

Mais Dupraz ne peut oublier le public, omniprésent à Saint-Etienne avec des kops au poids considérable. Leur action a finalement réussi à entraîner l’éviction de Claude Puel, mais ils maintiennent la pression sur les deux actionnaires, Bernard Caïazzo et Roland Romeyer qui ont mis en vente le club au printemps dernier.

Le maintien avec le public

Il veut pleinement associer tous les supporters “sans égal en France” à l’opération maintien.

“Nous avons besoin d’eux. Le public c’est l’allié qui peut nous faire gagner au moins dix points sur les soixante qu’il reste à glaner. Je comprends leur frustration mais je voudrais qu’ils encouragent les joueurs”, a-t-il appelé.

“Ce sont (les joueurs) des jeunes gens, même ceux de 30 ans. Ca va les aider à emprunter le chemin de la rédemption. Et je vais m’employer à ce que les attitudes des joueurs fassent que les supporters les encouragent”, a assuré le nouvel entraîneur des Verts, évoquant “un public de connaisseurs”.

“Je mise beaucoup sur leurs compétences footballistiques pour s’apercevoir que les joueurs sont là et bien là, qu’ils ont envie plus que personne de laisser l’ASSE en Ligue 1”, a-t-il tenté d’amadouer.

Mais les supporters jugeront sur pièces et seules des victoires accorderont du crédit au discours de Pascal Dupraz.