L1: Milik-Payet, vrai ou faux 9, vrai ou faux dilemme?

L’attaquant polonais de l’OM Arkadiusz Milik célèbre son but contre Lorient, sous le regard de Dimitri Payet au stade Vélodrome, le 17 octobre 2021
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

L’OM attendait avec impatience le retour d’Arkadiusz Milik mais se rend désormais compte qu’il joue souvent mieux sans lui, quand le poste d’avant-centre revient à Dimitri Payet. Avant de recevoir Brest samedi, l’OM s’interroge donc encore sur la formule offensive à privilégier.

Dimanche, Marseille a battu Troyes 1-0. Mercredi, Marseille a battu Nantes 1-0. “La victoire contre Troyes m’a préoccupé, celle de Nantes me donne beaucoup d’espoirs”, a déclaré vendredi l’entraîneur olympien Jorge Sampaoli, qui avait déjà parlé mercredi d’un succès qui le “remplissait de joie”.

Tout ne s’est pas joué là, mais la principale différence sur le papier entre ces deux rencontres tient à l’identité de l’attaquant. Face à Troyes, Milik était titulaire et a de nouveau été en grande difficulté, alors que mercredi à la Beaujoire, Payet a rayonné comme “faux n.9”.

C’est avec ce système que l’OM de Sampaoli avait séduit en début de saison, quand Milik poursuivait sa convalescence après une blessure au genou gauche survenue en toute fin de saison dernière.

“Continuité collective”

Depuis, le Polonais a fait son retour et Sampaoli l’a logiquement réintégré à son 11 de départ… sans grand succès. En 14 matches ou bouts de match, l’ancien Napolitain n’a inscrit que quatre buts, dont deux sur penalty, et diffuse une impression de maladresse surprenante pour un joueur de ce calibre.

“Il était absent pendant la préparation et il a donc perdu en continuité collective. On doit essayer de retrouver ça, pour que l’équipe ne perde pas de qualité de jeu quand on joue avec un vrai 9”, a jugé vendredi le technicien argentin.

Le passage de Milik sur le banc mercredi à Nantes a tout de même surpris. Mais la fluidité retrouvée des mouvements marseillais en son absence, puis la perte de contrôle du jeu à son entrée sur le terrain ont fait naître le doute: l’OM est-il meilleur sans lui ?

“Ca n’est pas lié à Milik, c’est une question de poste”, a répondu Sampaoli. “Payet donne plus de continuité au jeu quand il évolue en N.9, car c’est en fait un milieu qui joue plus haut. Il génère plus de volume offensif. En ce moment, l’équipe est meilleure avec un joueur qui est dans cette situation”, a-t-il ajouté.

Mercredi déjà, l’entraîneur de Nantes Antoine Kombouaré avait expliqué combien Payet pouvait être redoutable dans ce rôle de faux N.9, surtout alors qu’il traverse une période particulièrement faste.

Indispensable

“Il a joué attaquant, mais ce n’est pas l’attaquant qui reste haut à attendre des ballons. Il a profité du positionnement de ses partenaires pour décrocher, jouer dans le dos de nos milieux, il a souvent pu se retourner, prendre de la vitesse, créer des décalages et être à la réception des centres. C’est pour cela que ce n’est pas toujours facile.”

Pour autant, ni Sampaoli ni l’OM ne peuvent se permettre de perdre Milik en route. L’effectif n’est pas riche en attaquants de pointe ni en joueurs confirmés au niveau international, et Payet ne peut pas jouer tous les matches à 34 ans. Le Réunionnais, fatigué, est d’ailleurs incertain pour le match de samedi contre des Brestois en pleine forme avec cinq succès consécutifs.

“On a préféré qu’il reste aux soins et on va voir comment il évolue. Pour nous, il est indispensable. Avec lui, l’équipe a un contrôle différent et quand il n’est pas là, le jeu s’en ressent. On n’a pas réussi à le remplacer mais on doit améliorer ça parce qu’il ne pourra pas être là tout le temps”, a confirmé Sampaoli.

Egalement présent vendredi en conférence de presse, Pol Lirola n’est en tous cas pas inquiet pour Milik et mise sur le fameux but qui débloque tout. “Les attaquants vivent par le but. Ils peuvent avoir des moments difficiles mais quand ils sont moins bien, il leur suffit d’en mettre un ou deux”.