L1: Matz Sels, l’autre mur de Strasbourg

Le gardien de Strasbourg Matz Sels réussit un arrêt lors d’un match de Coupe de France contre Angoulême, le 18 janvier 2020
/ © 2020 AFP

A Strasbourg, il y a le mur bleu dans la tribune de la Meinau et le mur belge devant le but: le gardien Matz Sels, brillant depuis son arrivée il y a 18 mois, espère freiner l’armada du Paris SG, en visite samedi (17h30) en Alsace.

Avec douze points glanés grâce à ses arrêts décisifs cette saison, le Racing, comme l’année passée, peut compter sur son portier international belge, un bourreau de travail à l’entraînement.

Très fort sur sa ligne, le pied toujours placé comme il faut et le gant ferme, Sels a écoeuré plus d’un adversaire depuis son arrivée en Ligue 1 à l’été 2018.

“J’espère qu’on le gardera longtemps”, commentait ainsi l’entraîneur Thierry Laurey après un succès arraché grâce au colosse belge contre Montpellier (1-0) à l’automne dernier: avec notamment un penalty détourné face au Serbe Skuletic et une tête de Souleymane Camara à bout portant déviée de justesse, il s’était montré infranchissable.

En début de saison, les exploits répétés de Sels, 28 ans, ont fait réagir les dirigeants alsaciens: le président Marc Keller a en effet sorti du tiroir une prolongation de contrat de deux ans, jusqu’en 2024, quinze jours seulement après l’exploit contre les Héraultais.

Très courtisé durant l’été 2019 après une première saison éblouissante, la maison bleue devait “se prémunir d’un éventuel transfert”, dit-on en coulisses, même “s’il n’y avait pas de départ en vue à ce moment.”

Champion de Belgique en 2015 avec La Gantoise, Sels a goûté à la Ligue des champions et a même atteint les huitièmes de finale (élimination contre les Allemands de Wolfsburg) dans l’anonymat le plus complet, mais cette pépite discrète du plat pays n’a pas échappé au Racing.

“Beaucoup de sérénité”

Prêté à Anderlecht en 2017-2018, après un échec à Newcastle, en deuxième division anglaise, Sels a été séduit “par l’effort” des dirigeants alsaciens qui ont dépensé 3,8 millions d’euros pour s’attacher ses services.

Transaction concluante car dès la première saison, “la machine”, comme le surnomme l’entraîneur des gardiens Jean-Yves Ours, a tourné à plein régime: 37 matches et un titre honorifique de meilleur joueur de la saison décerné par les supporteurs.

Sur la phase aller, les Monégasques Wissam Ben Yedder et Islam Slimani, le Nantais Ludovic Blas ou encore le Niçois Racine Coly, ont tous cru percer le mur alsacien. C’était sans compter sur Sels, qui sortait le grand jeu.

Interrogé vendredi sur ce que Sels apportait à son équipe, Thierry Laurey a d’abord fait un trait d’humour: “La semaine dernière, il a apporté des gaufres que sa maman avait faites pour son anniversaire et c’était un régal !”.

Mais surtout: “Il a apporté pas mal de points. Il est un peu moins sollicité en ce moment et on le voit un peu moins, mais il est toujours utile. Si on progresse défensivement, c’est qu’il y est forcément pour quelque chose, a ajouté plus sérieusement le technicien strasbourgeois. Il nous a apporté beaucoup de sérénité derrière et ça rassure tout le monde.”