L1: Mara, Lacoux, Sissokho… le maintien de Bordeaux passera par ses jeunes

Le jeune défenseur bordelais Tom Lacoux lors du match contre l’Olympique de Marseille au Matmut Atlantique, le 14 février 2021
Par Raphael PERRY / © 2021 AFP

A l’image de Sekou Mara, buteur pour sa première titularisation en L1 contre Rennes (1-0), la jeunesse bordelaise a redonné vie à un groupe meurtri depuis trois mois qui peut valider son maintien dès samedi chez le barragiste Nantes.

En quête de leviers pour retourner une situation devenue dangereuse après 11 défaites en 13 matches, l’entraîneur Jean-Louis Gasset les a peut-être trouvés.

Leur noms, Sekou Mara, Tom Lacoux, Issouf Sissokho, Amadou Traoré, tous de la génération 2002 qui, depuis trois mi-temps

-la deuxième à Lorient (1-4) puis face à Rennes-

ont montré la voie du renouveau à leurs aînés “fatigués par cette saison qui est usante par rapport à la situation” selon le gardien capitaine Benoît Costil.

“Les jeunes ont besoin de nous et nous on a besoin des jeunes”, insiste Costil, louant “leur fraicheur mentale et physique, leur enthousiasme et leur insouciance” et rejoignant ainsi son entraîneur qui a longtemps attendu avant de les lancer dans la bataille.

Pourquoi pas avant ? “Car ce sont des garçons qui n’ont pas de matches avec l’équipe réserve donc ils manquent de rythme obligatoirement. Leur cœur, leur folie, leur insouciance qui nous ont fait beaucoup de bien, a un temps limite, répond Gasset. Il n’y en a pas beaucoup qui peuvent jouer un match plein”.

Mara s’est fait un prénom

Cette semaine au Haillan, ces jeunes sont apparus moins timides, “aériens” selon le qualificatif choisi par Gasset, dans le sillage du souriant attaquant aux dreadlocks blanches, Sekou Mara (18 ans).

Passé par le Paris SG et l’INF Clairefontaine, le fils de la journaliste de TF1 Audrey Crespo-Mara n’a mis qu’un quart d’heure pour se faire un prénom en L1.

Victime du pied haut du Rennais Steven Nzonzi valant exclusion du champion du monde, buteur sur son premier ballon touché dans la surface bretonne d’un pure geste d’avant-centre, et pas loin de doubler la mise de la tête

-un de ses points forts-

sur son deuxième, Mara a donné le ton.

“Sekou est un garçon intelligent, très respectueux, travailleur, énumère Costil. Il lui a fallu absorber cette nouvelle vie, s’entraîner au quotidien avec les pros. Il a été patient aussi, ne s’est jamais affolé. Il est bien encadré par le staff et par des joueurs d’expérience à son poste comme Jimmy Briand qui est un exemple pour lui”.

+N’Golo+ Sissokho

Au milieu, le local Tom Lacoux (19 ans) prend lui aussi de plus en plus de place, bénéficiant de la longue blessure d’Otávio (rupture du tendon d’Achille) et la méforme persistante du prêté Jean-Michaël Seri. Sans fioriture dans son jeu, bon à la récupération, “il remplace Otávio dans l’agressivité”, s’est félicité Gasset après Rennes.

Prêté par le club malien du Derby Académie, le généreux Issouf Sissokho (19 ans) est un milieu +box-to-box+ que Gasset prénomme N’Golo “car il a un peu des similitudes avec le jeu de Kanté”. Il ne compte que 48 minutes au compteur en L1 mais déjà un but, en attendant peut-être un premier contrat pro en juin.

Devant enfin, le feu follet Amadou Traoré (19 ans), international U16 et U17, a été le premier lancé de la bande (17 entrées en jeu cette saison, une passe décisive) et pèse de plus en plus par sa vélocité et ses accélérations.

Il y a peu, Gasset leur disait qu’à 18 ans, “ils vivaient des choses, cette ambiance autour du club, le Covid, c’est la pire des choses possibles. Vous débutez par le mauvais mais il faut continuer à travailler car un jour, j’aurais peut-être besoin de vous”. C’est désormais chose faite.