L1: Lorient pas là pour “faire de la figuration”, prévient Wissa

L’attaquant de Lorient, Yoane Wissa (d), lors du match de Ligue 1 à domicile contre Lyon, le 27 septembre 2020
/ © 2020 AFP

Monté en Ligue 1 avec Lorient, Yoane Wissa n’a pas l’intention de “faire de la figuration” samedi contre Marseille: l’attaquant s’est hissé dès cet automne dans le peloton de tête des buteurs de l’élite, marquant aussi dès sa première sélection avec la République démocratique du Congo.

Même si Lorient a beaucoup recruté en attaque cet été, c’est encore Wissa (24 ans) et son acolyte Pierre-Yves Hamel, les canonniers de l’an dernier, qui ont inscrit 7 des 11 buts lorientais en ce début de saison.

Q: Comment se passe ce retour en L1 (après un passage à Angers en 2016) ?

R: “Je n’avais pas vraiment joué à Angers, c’était mon premier contrat pro, il fallait que j’apprenne. J’ai été prêté (à Laval puis Ajaccio) et après j’ai fait mon petit bonhomme de chemin (à Lorient depuis janvier 2018). La Ligue 1, c’est différent, tout va vite. Mais (…) j’ai la sensation d’avoir progressé dans le jeu et tactiquement.”

Q: Comment gérer la succession de matches difficiles après avoir été habitué à gagner en L2 ?

R: “Dès le début de saison, on savait que ça allait être différent. C’est difficile, on n’a pas l’habitude d’avoir des périodes compliquées comme ça. Mais on apprend à chaque match. Chaque match est un nouveau défi (…). Mais on n’est pas venu faire de la figuration et j’espère que ça va aller de mieux en mieux”.

Q: Mais Marseille est un gros morceau…

R: “C’est particulier ! Il y a beaucoup de joueurs ici qui découvrent les grosses équipes. Moi je suis très content de jouer contre Marseille. Ça va être un gros match. Il faudra être très très forts collectivement et tactiquement pour essayer de les contrer. Mais on a l’ambition de faire un résultat contre une grosse équipe. On ne va pas y aller défaitistes, on sera excités. Il ne faut pas se poser de limites.”

Q: Quinze buts la saison dernière, déjà quatre cette saison (comme Kylian Mbappé ou Wissam Ben Yedder), qu’est-ce qui vous a permis de débloquer aussi vite votre compteur ?

R: “Il y a eu un déclic mental. J’étais quelqu’un qui avait beaucoup d’occasions mais qui ratait. C’est vraiment l’aspect mental qui a progressé. Il faut se dire que si on rate, c’est le jeu et qu’il faut persévérer”.

Q: D’où votre traditionnelle célébration en position du lotus, déjà vue aussi chez un buteur comme le Norvégien Erling Haaland à Dortmund ?

R: “Ce n’est pas moi qui l’ai inventée ! Mais c’est cette idée de rester calme, de rester zen et tranquille. Même dans les périodes compliquées, il faut rester calme, toujours positiver et travailler”.

Q: Dans la vie, vous êtes quelqu’un de calme ?

R: “Je suis quelqu’un qui rigole tout le temps, qui essaie de faire rigoler l’équipe, même quand ça va un peu moins bien. Je suis quelqu’un de joyeux naturellement et j’essaie de le transmettre. C’est sûr que c’est plus facile après une victoire mais j’essaie de garder le sourire et de faire en sorte que les autres aussi et qu’on continue à travailler ensemble. Ce sont des petits trucs simples qui font en sorte qu’on se sente vivant. Restons humbles et continuons à avancer”.

Q: Vos résultats vous ont valu une première sélection en équipe de RDC cet automne, vous l’attendiez ?

R: “Franchement oui. Ça me tenait à cœur. Ce n’étaient que des matches amicaux, pas encore officiels, mais je suis très content d’avoir pu porter ce maillot qui représente 100 millions d’habitants (plutôt près de 90 millions, ndlr) et ce beau pays. Je suis très content et très très fier d’être Léopard. J’ai grandi en France mais mes deux parents sont nés là-bas, j’y suis allé, j’ai un lien fort. Et en plus ce but contre une bonne équipe du Maroc (1-1), c’est spécial. C’est une grande fierté.”

Propos recueillis par Fanny CARRIER.