L1: Lorient et Pélissier abordent le PSG en match “bonus”

Le coach de Lorient Christophe Pélissier lors du déplacement de son équipe à Angers, le 6 décembre 2020
Par Fanny CARRIER / © 2020 AFP

“Pas dans le même monde”. Concentrés sur leur “mini-championnat” contre les autres candidats au maintien en Ligue 1, Lorient et son entraîneur Christophe Pélissier défient le PSG mercredi (21H00) sans illusion mais avec la ferme intention de profiter de ce match “bonus”.

“Il faut prendre ce match au Paris Saint-Germain comme la récompense d’être en Ligue 1. On sait très bien qu’on n’est pas dans le même monde. Mercredi, je dirai aux joueurs: libérez-vous, prenez du plaisir ! Ce n’est pas sur ce match que va se jouer le maintien”, explique le technicien du club breton (17e, 11 pts).

Le monde de Lorient, c’est ce “mini-championnat” engagé avec Strasbourg, Nîmes, Reims ou encore Dijon, qui se tiennent entre 9 et 11 points dans le fond du classement.

Même si Nantes (14e à 14 points) ou Saint-Etienne (15e à 13 points) restent à portée, le maintien va se jouer entre ces équipes, assure l’entraîneur lorientais. “On a un mini-championnat (…) et il faut le gagner”.

Sur ce point, c’est plutôt bien parti puisque la victoire 3-0 dimanche face à Nîmes est venue couronner un quasi sans-faute avec ces concurrents directs: victoires 3-1 contre Strasbourg et à Reims, match nul 0-0 à Dijon.

Mais avec un recrutement solide cet été, Lorient espérait pouvoir se mettre un peu à l’abri. Faute d’avoir pu “grappiller des points” chez les adversaires plus sérieux, “on a raté notre premier tiers de la saison”, reconnaît Pélissier.

Principale recrue de l’été, l’Autrichien Adrian Grbic, 2e meilleur buteur de Ligue 2 la saison dernière avec Clermont, illustre la difficulté de Lorient à franchir un nouveau palier: seulement deux buts en début de saison, et plus rien depuis, sauf en sélection autrichienne.

Et les prochaines semaines s’annoncent difficiles: après Paris, Lorient enchaînera avec Rennes et Nice, puis Monaco et Bordeaux début janvier, tandis que ses adversaires du “mini-championnat” auront plusieurs occasions de s’affronter entre eux.

“Usure mentale”

Mais alors que plusieurs entraîneurs ont sauté parmi ces concurrents directs en difficulté, le président de Lorient, Loïc Féry, a pris soin d’assurer que sa “confiance” en Pélissier, pas menacé à ses yeux.

“Christophe Pélissier et son staff ont l’habitude de vivre dans l’adversité ces dernières années en jouant le maintien régulièrement”, a-t-il rappelé dans un entretien au quotidien Ouest-France avant même le match contre Nîmes.

“On le dit depuis le début de la saison: Lorient joue le maintien. On sait que ça va être très dur mais on est préparé à cela. On ne se voit pas plus ou moins beau qu’on ne l’est. On est dans notre championnat, dans le combat”, a-t-il ajouté.

Et ce combat, Pélissier connaît en effet. Le “sorcier” qui a fait monter toutes les équipes qu’il a entraînées (Revel, Luzenac, Amiens et Lorient) a aussi été, avec une poignée de proches l’ayant suivi souvent depuis Revel, le magicien qui a permis aux trois premières de tenir leur nouveau rang.

Il a en particulier lutté deux années pour maintenir Amiens en Ligue 1 (2017-2019). “Vous ne pouvez pas vous figurer l’usure mentale que ça demande, les efforts psychologiques que ça demande” aux joueurs, a-t-il confié dimanche après le match contre Nîmes.

Dans ce contexte, la victoire dimanche et les buts, les premiers après six matches sans marquer pour les Merlus, ont fait beaucoup de bien.

Un grand “soulagement”, une petite dose de confiance pour préparer les matches contre Rennes puis Nice. Parce que pour ce qui est des Parisiens, “ce sont eux qui vont décider” de la tournure du match, prévient Pélissier.