L1: l'”Olympique rennais” n’a pas le droit à l’erreur

Le nouvel entraîneur de Rennes, Bruno Genesio, regarde son nouveau maillot, après sa première conférence de presse, le 5 mars 2021 au Roazhon Park à Rennes
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Accueilli fraîchement par des supporters orphelins de leur entraîneur fétiche et inquiets de l’emprise soudaine des Lyonnais sur leur club, Bruno Genesio sait qu’il doit absolument briser la spirale négative pour ses débuts au Roazhon Park, dimanche face à Strasbourg (15h00).

Avec la démission de Julien Stéphan et les problèmes de santé du président Nicolas Holveck, le triumvirat sur lequel la famille Pinault avait fondé ses nouvelles ambitions bat de l’aile: désormais, le directeur sportif Florian Maurice est devenu l’homme fort, avec l’entraîneur qu’il a choisi.

Le long passé lyonnais des deux hommes a fait fleurir les commentaires sarcastiques sur les réseaux sociaux, où des supporters craignaient de voir la quenelle remplacer la galette-saucisse au stade.

“Pas besoin d’un passeport breton pour jouer ou entraîner au Stade rennais”, a répliqué mercredi Jacques Delanoë, président du conseil d’administration, assurant que les Pinault, actionnaires uniques depuis 1998, garantissaient l’ancrage local du club.

“Je suis venu ici non pas pour révolutionner le Stade rennais ou en faire l’Olympique rennais, pas du tout. Je m’appuie sur les gens qui sont en place”, a insisté Genesio vendredi.

Mais après le départ de Stéphan, celui annoncé de son adjoint Mathieu Le Scornet, pour laisser la place à l’adjoint de Genesio Dimitri Farbos, est mal passé. Entré au club en U13 en 1994, longtemps chargé de la pré-formation, il était devenu une figure du club. Et c’est lui qui avait repéré et accompagné Eduardo Camavinga.

Série noire

Dans ce contexte, le défilé organisé dimanche avant le match par les supporters pour célébrer les 120 ans du club, à défaut de pouvoir le faire dans le stade, s’annonce tendu.

La semaine dernière, les ultras du RCK 91 avaient déjà collé des banderoles “Merci Julien” un peu partout dans la ville. Mais c’est surtout le marasme sportif qui fâche.

Européen les trois dernières années, Rennes s’était montré ambitieux cette année. Après un début de saison tonitruant, le club a raté sa première en Ligue des champions, assortie d’un passage à vide en championnat finalement récupéré en décembre. Mais depuis janvier, c’est la Berezina.

Une seule victoire au compteur, une succession de contre-performances, une élimination sans gloire d’entrée de jeu en lice en Coupe de France, et une série en cours de cinq défaites d’affilée en Ligue 1… avec seulement 7 points récoltés depuis janvier

seul le dernier Dijon a fait pire

-, le club a sombré à la 10e place au classement.

“Une équipe trop gentille”

Le but encaissé en toute fin de match mercredi à Marseille (1-0) est encore un parfait résumé de la situation: une équipe qui joue, qui tente, avec un Camavinga à nouveau percutant, mais qui n’arrive pas à marquer et qui se fait surprendre en 20 secondes sur un contre de 80 mètres.

“Une équipe trop gentille, défensivement ou offensivement”, reconnaît Genesio.

Supporters et médias pointent déjà du doigt le mercato d’été de Maurice, avec des recrues aux qualités techniques indéniables mais un ensemble qui manque cruellement de caractère.

“Je vois beaucoup d’attitudes à l’entraînement qui me laissent penser que les beaux jours vont arriver”, tempère l’entraîneur. “Je vois des joueurs impliqués, qui continuent de tenter des choses”.

Il rappelle que ses débuts à Lyon en janvier 2015 avaient été marqués par une cuisante défaite 1-0 face au rival Saint-Etienne. L’équipe, qui pointait à la 9e place, avait fini 2e. Mais il avait eu 19 matches pour redresser la barre, alors qu’il n’en reste que 10 à Rennes.

Lui qui se disait lundi confiant dans la possibilité d’atteindre l’objectif européen s’est montré plus vague après avoir grillé le joker du match en retard à Marseille: “L’objectif doit rester dans nos têtes mais le plus important, c’est de gagner un match très vite”.